La renaissance de Gorgoroth : la réplique d’Infernus
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"La renaissance de Gorgoroth : la réplique d’Infernus"

Entretien avec Infernus (guitare)
Interview, traduction et édition par Mastema

 
Les fans ne s’en plaindront pas : la saga juridique de Gorgoroth est depuis peu enfin terminée. La justice a tranché, Infernus (Roger Tiegs), le guitariste et fondateur de la formation norvégienne, est dorénavant le seul a pouvoir utiliser le nom du groupe. Le camp King/Gaahl a quant à lui renommé son groupe en ”God Seed”. Avant de pouvoir parler de musique et seulement de musique lors de la sortie du nouvel album, nous avons voulu donner l’occasion à Infernus de donner sa version des faits, après notre long échange avec King (basse). Il est remarquable de noter à quel point, malgré leur déchirement, les deux hommes sont semblables dans leur ton direct, leur attitude sans compromis et leur inflexibilité. A cela près qu’Infernus, contrairement à son ex-acolyte, a non seulement connu les premiers jours du groupe maléfique, mais aussi de la scène black metal norvégienne dans son ensemble. Nous ne nous sommes donc pas privés d’évoquer des sujets plus vastes concernant le groupe, ainsi que quelques questions plus personnelles. Voilà qui devrait satisfaire les plus exigeants d’entre vous, en attendant avec impatience la nouvelle offrande sortie des entrailles de la Bête, Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt.

Mastema : Salut Infernus, comment vas-tu? Peux-tu nous en dire davantage sur le verdict qui a été rendu dans l’affaire t’opposant à King/Gaahl?

Infernus : Salut à toi! Je vais très bien, je te remercie. La cour a rendu sa décision, et celle-ci est très claire. J’avais raison depuis le début, et eux étaient en tort. Sans surprise, d’ailleurs. Le verdict précise qu’ils se sont eux-mêmes exclus de Gorgoroth par un acte illégitime et déloyal en 2007, et qu’ils ont ensuite illégalement utilisé le nom et le logo lors d’une série de concerts, se faisant passer ainsi pour le vrai Gorgoroth.

M : Nous y reviendrons. Parlons d’abord de ton nouvel album : où en est l’enregistrement ?

Infernus : Tout se passe plus ou moins comme prévu, et cet album va vraiment faire très mal... Le seul obstacle que j’ai rencontré jusqu’à maintenant est que je me suis soudain retrouvé avec un problème de planning lorsque la cour d’Oslo a décidé de placer le procès principal à la fin du mois de janvier. A ce moment-là, j’aurais dû me trouver à Pindamonhangaba, au Brésil, pour bosser les parties de guitare avec un ami à moi là-bas, le producteur/guitariste d’un groupe qui s’appelle Ophiolatry [note : formation sataniste évoluant dans du death brutal] (d’ailleurs signé sur mon propre label, Forces of Satan). Ce mec a un studio là-bas, le Laboratorio6, et j’étais très impatient d’y aller et de travailler avec lui. J’aurais pu faire déplacer le procès, mais je ne l’ai évidemment pas fait (inutile de dire que je n’ai pas regretté cette décision !). Donc j’ai dû un peu revoir mes plans et fixer d’autres dates, je me suis ainsi finalement retrouvé en Suède, au Monolith Studio, où j’ai passé l’année dernière à travailler avec le co-producteur et batteur Tomas Asklund [note : nouveau batteur de Gorgoroth, ex-Dark Funeral et ex-Dissection].

M : A quoi les fans doivent-ils s’attendre, comparé aux derniers albums de Gorgoroth composés en majeure partie par King ?

Infernus : Tout d’abord, ils peuvent s’attendre à ce qu’il n’en ait pas composé une seule note. L’album parlera de lui-même lorsqu’il sortira, et ça sera aux environs d’octobre.

M : Tu as réussi à récupérer Pest (chant) et Tormentor (guitare), légendaires ex-membres du groupe, ce qui est génial ! Comment les as-tu convaincus de revenir ?

Infernus : J’ai simplement dû passer deux coups de fil, ça n’a pas été plus compliqué que ça. Il faut dire que nous avons toujours gardé de bons contacts et que nous sommes amis depuis un bon bout de temps maintenant. Lorsque cette situation s’est présentée, ils voulaient et pouvaient tous les deux revenir dans le groupe. Tormentor s’en était allé en 2002 [note : après l’album controversé ”Incipit Satan”] parce qu’il ne s’entendait pas avec le bassiste susmentionné ; puisque, comme je l’ai déjà précisé, cet ex-bassiste s’est lui-même exclu du groupe en octobre 2007, ce problème-là ne se posait plus. Pest a quant à lui dû quitter le groupe au milieu des années ’90 [note : en 1997, après l’album ”Under the Sign of Hell”] pour se concentrer sur d’autres choses. C’était il y a longtemps, depuis il est revenu aux affaires et accroche à ce que nous faisons. Puisqu’il a maintenant le temps de se consacrer pleinement au groupe, il a immédiatement accepté mon offre, et doit donc à nouveau être considéré comme le chanteur de Gorgoroth. Je les remercie tous les deux.

Infernus (Gorgoroth)

M : Une des raisons invoquées par King et Gaahl afin de justifier leur décision de poursuivre l’aventure sans toi était que pendant environ huit ans, tu n’aurait pas écrit de musique pour le groupe. Le fait que tu disposes à l’heure actuelle d’un nouvel album prouve que tu es toujours créatif, donc comment comprendre que tu n’aies rien écrit pour Gorgoroth durant toutes ces années?

Infernus : En fait, j’ai plus ou moins un album et demi de prêt ! Hmm, j’ai toujours écrit de la musique, mais j’ai besoin d’être à 100% satisfait de ce que propose. Je n’ai pas une approche quantitative de l’écriture et de la production de musique. Donc ce n’était pas vraiment important pour moi d’écrire toute la musique du groupe ou non. Ca m’est arrivé quelques fois par le passé, sur Antichrist [note : 1996] et Under the Sign of Hell. Pour moi, c’est le résultat qui compte et non pas d’accumuler un maximum de crédits sur tout ce qui concerne et entoure le groupe. Cela étant dit, il faudrait se poser une question : ne devraient-ils – ”eux” [note : Infernus évite jusqu’à maintenant de les nommer, mais il s’agit évidemment de King et Gaahl] – pas plutôt se réjouir d’avoir la chance d’écrire un album et demi [note : ”Twilight of the Idols (In Conspiracy With Satan)” en 2003, et ”Ad Majorem Sathanas Gloriam” en 2006, même s’il fut dit jusqu’à maintenant que King avait composé les deux albums plus ou moins de A à Z] pour Gorgoroth, au lieu de se plaindre ? Personnellement, je pense que oui. Quant au fait que j’ai commencé à composer des morceaux pour le nouvel album en 2006, je ne sais pas du tout si cela a eu un impact quelconque sur la décision de l’ex-bassiste de tenter de faire enregistrer le nom du groupe derrière mon dos en 2007, seul lui le sait. Moi j’appelle cela du désespoir. Ils auraient dû lancer leur propre groupe, comme je l’ai fait moi-même il y a de cela de nombreuses années. Ce qui nous aurait épargné un procès et le rejet public qui, je pense, l’a accompagné.

M : Comment as-tu réagi en apprenant que le groupe n’avait pas splitté (comme tu l’avais initialement annoncé) mais que King et Gaahl poursuivaient en réalité sans toi ? Quand as-tu appris que King avait secrètement fait enregistrer le nom du groupe ? Le même jour, ou quelque temps auparavant ?

Infernus : Tout d’abord, le groupe était bel et bien séparé, comme je l’avais annoncé la première fois, eux ayant quitté le groupe en me laissant recomposer un tout nouveau line-up. Mais ils ont ensuite utilisé les médias pour faire croire le contraire aux gens, pour leur faire croire qu’ils pouvaient continuer à utiliser le nom du groupe que j’ai créé. Dans une large mesure, leur plan fut fructueux, car ils sont parvenus à faire croire que leur ”version” du groupe était le seul légitime. J’ai immédiatement compris qu’ils voulaient continuer à se produire en concert etc. sous le nom de mon groupe, et je leur ai dit tout de suite que cela allait à l’encontre de ma volonté, et que je leur intenterais un procès. C’est ce que j’ai fait, et le résultat est désormais connu. Je pense que c’était un vendredi soir, aux environs du 19 octobre, que l’on m’a informé de leur intention de mettre fin à notre coopération. Je savais d’emblée que j’avais les meilleures cartes en main, je leur ai donc proposé d’encore remplir nos divers contrats (par exemple la tournée européenne de novembre 2007) et de jouer les concerts déjà confirmés par respect pour nos fans qui nous attendaient, pendant qu’on laisserait nos avocats respectifs s’occuper des questions légales. Pour ma part, cela n’aurait posé aucun problème : nous n’étions pas des amis à cette époque de toute façon, et nous pouvions, par professionnalisme, faire cela. On m’a dit qu’ils y ”réfléchiraient”. Mais en fin de soirée le dimanche 21 octobre, j’ai reçu un message du vocaliste, m’informant qu’ils emploiraient un remplacement pour moi lors de la tournée de novembre. Le matin suivant, alors que je me rendais au bureau de mon avocat ici à Bergen, j’ai passé un coup de fil à l’office de la propriété industrielle (Patentstyret). Non seulement ai-je reçu la confirmation de ce que je suspectais (que quelqu’un avait enregistré le nom du groupe et son logo à son nom), mais j’appris également que cela avait été fait le 13 septembre 2007, le même jour que lorsque nous sommes partis ensemble en Amérique du Sud pour une tournée de trois semaines ! Ils avaient donc clairement décidé ce qu’ils allaient faire lorsque nous avons eu cette réunion de groupe le 19 octobre, ils ne devaient absolument pas ”réfléchir” à quoi que ce soit. Ils n’ont simplement pas osé me le dire face à face. Pas la façon de procéder la plus décente qui soit, si tu veux mon avis.

M : As-tu aussi aperçu l’absurdité de cette situation ? Y a-t-il eu un moment où tu t’es dit ”rien à foutre, je continue sous un autre nom” ?

Infernus : J’ai compris qu’ils voulaient vraiment garder le nom du groupe, puisqu’ils continuaient à l’utiliser alors que mon avocat les avait prévenus des réactions auxquelles ils devaient s’attendre. Je n’ai jamais vraiment pensé pouvoir perdre cette affaire : c’est moi qui ai donné naissance à tout cela en 1992, avec Hat [note : Jan Åge Solstad, chanteur, 1992-1996] et Goat [note : Rune Thorsnes alias Goat Pervertor, batterie, 1992-1994] bien avant de ne fut-ce que penser à inviter l’un des deux autres à nous rejoindre. J’avais les moyens de leur intenter un procès et j’avais d’excellents arguments légaux, ainsi que de l’aide précieuse. Le choix était simple : je ne fais pas ce que je fais pour la renommée ou la gloire, et ce n’est vraiment pas important si l’un ou l’autre ex-membre ne m’apprécie pas. Ceci est mon style de vie depuis très longtemps et mon dévouement est si grand que je ne pourrais peut-être pas sortir de ce labyrinthe quand bien même je le désirerais. Les mystères de Satan apparaissent de la façon la plus étrange.

M : Que se serait-il passé si la décision de la justice avait été en faveur de l’autre camp ?

Infernus : Alors je pense que j’aurais entrepris toutes les autres démarches possibles afin de récupérer les droits de propriété. Je pense que leur chance de réussite n’a jamais été grande, donc pour moi il ne s’agit là que d’absurdité et de spéculation. Je savais plus ou moins que j’allais gagner, et j’ai préféré éviter les médias pour aller en studio et attendre le résultat, qui viendrait bien tôt ou tard, inéluctablement.

Infernus (Gorgoroth)

M : Regain Records a-t-il payé pour tous les frais légaux ? Cela n’aurait-il pas entraîné un trou financier si tu avais perdu dans cette affaire (cf. les propos de King dans notre interview avec lui) ?

Infernus : J’ai dépensé une fortune dans cette affaire. J’ai même dû vendre des parties de mon équipement de guitare pour financer tout ça, ainsi que contracter des prêts personnels assez conséquents, puisque j’avais mis des avocats et des experts en marques déposées sur l’affaire. Je préférais évidemment ne prendre aucun risque. Lorsque Regain décida de me soutenir, nous avons pu augmenter significativement le budget et engager le plus grand spécialiste norvégie, Onsagers AS, d’Oslo. Mystérieusement, l’autre partie était défendue par un représentant légal d’une organisation des droits des travailleurs ! Je trouve qu’il n’a pas fait du bon boulot lors du procès, surtout qu’avec les pauvres éléments qu’ils avaient en main avant même de commencer, c’était vraiment un beau tableau ! Mais surtout : leurs témoins ! C’était dingue, je me suis marré pendant plusieurs jours après avoir vu ce qu’ils avaient amené au procès.

M : La période juste après la sortie d’Ad Majorem... fut très chaotique : Gaahl était en prison, tu prenais le même chemin, King quittait momentanément le groupe... Gorgoroth marquait-il un break à ce moment-là ?

Infernus : Je pense sincèrement qu’aucun ne nous n’était ami, à aucun moment. Je n’étais plus leur ami depuis au moins ces quelques dernières années. Mais, d’une façon ou d’une autre, nous continuions l’aventure. King [note : ah, il le nomme enfin] a dû quitter sa place dans Gorgoroth car il était mis sous pression par son boulot – il était prof dans une école primaire – qui jugeait négativement sa défense des valeurs sataniques du groupe, étant donné qu’il évoluait dans l’enseignement primaire. Et je lui ai même conseillé de ne pas réagir ainsi, je lui ai conseillé d’engager de l’aide professionnelle contre son employeur, si c’était tellement important pour lui. Quand j’y repense, je trouve que c’était absurde. Je le vois bien maintenant, oui. Je pense que nous savions tous depuis un certain temps que les choses ne pouvaient continuer bien plus longtemps ainsi. Ce n’était qu’une question de temps avant que cela ne se finisse et qu’ils – individuellement ou ensemble – ne doivent se retirer de Gorgoroth et lancer leur propre groupe. Ca c’est que je pense. Ce qui se passe dans leur tête peut être totalement différent. Ils ne me manquent pas le moins du monde, et je suis vraiment excité par la nouvelle situation dans laquelle je me trouve, travailler avec deux anciens membres des années ’90 et deux nouveaux musiciens. Je regrette simplement ce par quoi j’ai dû passer pour en arriver là – les procès, les médias. J’aurais très bien pu me passer de tout cela. [note : Infernus ne répond pas vraiment à la question, mais soit...]

M : Que s’est-il passé avec la sortie de Norwegian Black Metal - Live in Griegenhallen [note : un album live sorti par Regain Records il y a quelques mois, dont la sortie fut contestée puis légalement bloquée par le camp King/Gaahl] ?

Infernus : C’est une longue histoire. Mais nous analysons à présent les moyens de poursuivre le nettoyage de toute là merde qu’a générée cette affaire. Et nous agirons ensuite. Nous serons heureux de vous en informer via Regain et notre site internet, www.gorgoroth.info, dès qu’un projet se concrétise.

M: Crois-tu que toute cette situation un peu ridicule aura un effet négatif sur l’image du groupe, qui est celle d’une formation black metal essentielle, underground et indomptable ? Cette exposition du côté business ne va-t-elle pas endommager un groupe avec une telle image et réputation ?

Infernus : Peut-être, oui. Mais pour moi, les questions de renommée et de gloire n’ont aucune importance, ni les gros sous d’ailleurs. Je suis moi-même et je suis têtu, peut-être est-il même difficile de travailler avec moi. Et alors ? Nous parlons de la musique de Satan, le black metal, pas d’un concours de popularité ! Si j’avais suivi les conseils de tous ceux qui avaient de bonnes intentions pour le groupe, que ce soit les labels, les ex-membres etc., Gorgoroth pourrait aujourd’hui faire du gros business. Mais cela n’a jamais été la priorité pour moi. J’ai besoin de soutenir pleinement ce que je fais. Les choses sont faites à ma manière ou pas du tout. Une fois cela établi, j’ai très souvent craché sur et écrasé les idéaux auto-handicapants de la soit-disant scène underground actuelle. Je les méprise. J’ai adopté un style de vie et ai bossé dur pendant 17 ans, j’ai donc mérité cete position où j’ai le droit de m’en foutre de la réaction négative de qui que ce soit. Je peux dire ”va te faire foutre” aux labels et à l’underground et je le fais. Parce que c’est moin choix.

M : Justement, en parlant de choix de vie : j’aimerais que l’on parle de ta philosophie de vie. Je pense que nous pouvons dire que tu es un sataniste pur souche. Peux-tu expliquer à ceux pour qui cette croyance n’est pas familière en quoi cela consiste et ce que cela représente pour toi personnellement ?

Infernus : Pour l’exprimer de la façon la plus simple possible : Satan représente pour moi un désir d’accéder à la vérité et à la bonté absolues. C’est une question de voir le monde au-delà des couleurs dans lesquelles il nous apparaît. Satan parle à ceux qui peuvent l’entendre, et il n’use pas d’une langue de bois. Satan est le moyen qui me mène à mon père, il est mon ”oui” et mon ”non”, il est ma ligne droite.

M : J’ai appris que tu étais opposé à la vision du satanisme de l’Eglise de Satan, pourquoi ?

Infernus : Parce qu’ils s’opposent à une vision théiste de l’être. Je ne conçois pas l’Homme en tant que centre de l’univers. C’est ma vision des choses, et non celle d’un quelconque humaniste ou soit-disant athée.

M : Depuis quand et pourquoi es-tu un sataniste ?

Infernus : J’aime penser que je suis né ainsi.

M : Certaines personnes ont du mal à comprendre comment une croyance sataniste peut se combiner à une activité lucrative. Quelle est ton opinion sur cette question ?

Infernus : Satan transcende l’ensemble de l’univers, et il fonctionne d’une façon très complexe. Qu’une activité soit lucrative ou non n’a aucun lien avec sa nature sataniste ou non.

Infernus (Gorgoroth)

M: Le satanisme est-il pour toi nécessairement lié au black metal ? Te serait-il possible de te tourner vers un autre genre musical un jour ?

Infernus : Je n’existe dans ce monde que pour le satanisme et le metal, c’est comme ça que ce sera. C’est que je sais faire et c’est ce que je veux faire. Je n’ai aucun intérêt à changer radicalement de genre et me tourner, par exemple, vers la musique gospel [note : tu m’étonnes !]. Peut-être que lorsque j’aurai 50 ans, je jouerai une variante sataniste du heavy metal des années ’80, qui sait ? L’avenir nous le dira.

M : Gaahl prétend lui aussi être un sataniste : était-ce quelque chose qui vous liait ?

Infernus : Tel que je le vois, ce qui nous liait était qu’à une époque donnée, il ait semblé que nous allions dans la même direction. Mais il représente le passé pour moi maintenant, et ce qu’il fait de sa vie n’est pas mon affaire. Ca ne m’intéresse pas vraiment.

M : Le concert de Gorgoroth à Cracovie en 2004 a suscité une gigantesque controverse : t’attendais-tu à ce genre de réactions et problèmes ?

Infernus : Non je ne me serais jamais attendu à quelque chose comme ça.

M : Tu as été condamné et incarcéré pour ”négligence grossière menant au viol” : qu’est-ce que cela veut dire, exactement ? Combien de temps t’es-tu finalement retrouvé en prison ? Peux-tu nous donner ta version des faits ?

Infernus : Oui, tu as mis le doigt dessus : ça veut dire quoi, exactement ? Je vais te donner la version courte, telle que j’ai moi-même compris l’histoire : une femme aurait été violée par un autre gars lors d’une après-soirée. J’aurais dû être au courant de cela et prévenir le crime. J’étais bourré comme un coing, je ne savais pas du tout ce qui allait arriver. La police n’a pas cessé de me mettre sous pression, me menaçant d’une peine maximale pour quelque chose dont je refusais une quelconque responsabilité. Donc je leur ai dit merde et je suis resté sur cette position durant toute l’histoire, qui a duré des années. Puis ils ont aussi trouvé et confisqué quelques armes illégales dans mon appart, et tout cela s’est terminé par 120 jours dans une prison à faible sécurité : rien de bien grave.

M : Revenons à la musique. Gorgoroth est considéré comme un des rares groupes de ”true” black metal, qui n’a jamais renié son style et ses origines. Où situes-tu le groupe dans le paysage BM actuel ? Que penses-tu de l’évolution des autres groupes pionniers ?

Infernus : Je ne considère pas Gorgoroth comme faisant partie de tout cela. Je nous vois comme un groupe original avec une intention définie. Nous sommes restés fidèles à nous-mêmes à travers le temps et les changements. Ceci étant dit, moi personnellement je ne suis ni un rocker ni un philanthrope. Je ne recherche plus de lieux où je peux communiquer avec d’autres membres de la scène, je ne l’ai plus fait depuis une éternité. L’esprit et l’attitude des premiers temps me manquent un peu, et je les recrée à travers ma musique, qui est la musique de Satan. Mais ça je peux le faire chez moi ou en compagnie d’une sélection d’individus, en local de répète, en studio ou sur scène, où cette énergie particulière est bien présente.

Infernus (Gorgoroth)

M : Revenons aux débuts du groupe : comment et dans quel état d’esprit as-tu créé Gorgoroth, et quel était ton but ?

Infernus : J’ai trouvé le concept et l’idée et puis j’ai contacté deux de mes amis les plus proches, Hat et Goat. Je leur ai présenté mon idée et nous étions tous à fond dedans. Nous y sommes allés à 100%, rien de moins. Un tel dévouement et une telle attitude mènent souvent à des résultats remarquables. Et je suis vraiment heureux d’avoir eu la chance de travailler avec eux à cette époque-là. Cela a eu un gros impact sur la direction que nous allions prendre par la suite.

M : L’album le plus étrange et quelque peu décrié de votre carrière est certainement Incipit Satan, qui est selon moi une grande réussite. Pourquoi as-tu voulu sortir un album comme celui-là ? Comprends-tu pourquoi certains fans l’ont rejeté ?

Infernus : Je m’en fiche si quelqu’un rejette cet album, que ce soit ma mère ou des fans. Ce qui compte avant tout, c’est que moi et mon groupe restons honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes. Si cela signifie que nous sortons un album que peu de gens apprécieront et loueront, c’est simplement le résultat inévitable et logique de cette attitude.

M : Que penses-tu de l’apport créatif de King ces dernières années ?

Infernus : Je pense qu’il a plus ou moins rempli sa mission la plupart du temps. C’est moi qui l’ai invité dans le groupe, et c’est moi qui lui ai demandé de ne pas le quitter en 2006, donc je prends la responsabilité pour cela. [note : notre ami fait preuve de mauvaise foi, là...]

M : Comment définirais-tu l’essence du black metal ? Quels sont quelques groupes que tu admires dans ce style ?

Infernus : Sincèrement, je ne pense pas pouvoir le définir par des mots. C’est peut-être en partie pour cela que je ne cesse de l’exprimer via ma musique. Je laisse les spéculations sur des définitions aux autres. Je n’admire plus vraiment beaucoup de groupes dans ce style, je ne cesse d’écouter beaucoup d’heavy metal des années ’80 : Accept, Judas Priest, Yngwie Malmsteen etc. Si je devais choisir des groupes un peu plus récents, je citerais deux groupes fort différents mais que j’apprécie beaucoup : Burzum et Dissection [note : effectivement, Infernus n’est pas tout à fait à la page...]. Ca c’était quelque chose... Ils ont vraiment réussi à insuffler une âme dans leur musique.

M : En 2006, tu as créé ton propre label, Forces of Satan. Quelle est sa philosophie ? peux-tu nous le présenter, ainsi que quelques groupes déjà signés ?

Infernus : Nous sommes un petit label qui travaille avec quelques groupes qui possèdent une certaine attitude. Nous sommes des satanistes, et nous recherchons donc des qualités sataniques – quelles qu’elles soient – dans les groupes que nous signons. Jusqu’à maintenant, nous avons signé Ophiolatry (Brésil), Black Flame (Italie), Tangorodim (Israel), Triumfall (Serbie) et Gorgoroth [note : tous sauf Ophiolatry évoluent dans le black metal]. Quelques collectors à édition limitée de Gorgoroth sont sortis et vont encore sortir à l’avenir via Forces of Satan Records.

M : Quand et comment as-tu appris à jouer de la guitare ? Comment es-tu entré en contact avec le black metal ?

Infernus : Je n’ai jamais appris, ouais ! Je crache sur le nom et la réputation de Leo Fender [note : la Fender est l’instrument de prédilection de notre homme] chaque jour, pour ce que ça vaut ! Non, j’ai commencé à jouer de la guitare fin des années ’80. C’est un ami qui m’a fait découvrir le black metal, en 1986 je pense.

M : Ok Infernus, merci pour cette interview ! J’espère que tout va s’arranger, car j’attends de pied ferme le nouvel album avec ce line-up de rêve ! Je te laisse les derniers mots pour les fans belges... Encore merci !

Infernus : Merci pour ta sincérité et ton intérêt. Tout va s’arranger, d’une façon ou d’une autre, je peux te l’assurer. Aux fans belges : je m’excuse pour ce foutoir depuis 2007. Les flammes de l’enfer m’animent dorénavant et je suis prêt à rattraper ces erreurs à la première occasion ! Je suis très impatient d’être à nouveau sur les routes : à bientôt !






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"The rebirth of Gorgoroth : Infernus’ reply"

Discussion with Infernus (guitar)
Interview, traduction and edition by Mastema
 
Fans will enjoy this : Gorgoroth’s judicial saga has come to an end. Justice has put an end to the story: Infernus (Roger Tiegs), guitarist and founder of the Norwegian horde, is the one and only legitimate owner of the band’s name. King and Gaahl have reformed under the name ”God Seed”. Before speaking of music and only that when Infernus’ album is released, we wanted to grant Infernus a chance to express himself about all that happened these last months, especially because we previously granted King (bass) the same privilege. It is remarkable to notice how close the two ennemies actually are, despite their internal war. They share a direct tone, an uncompromising attitude and a certain inflexibility. One thing is different, though: Infernus, unlike his ex-bandmate, has not only witnessed the band’s first blapshemies, but also the entire scene’s first steps. With that in mind, we talked about several different things with Infernus concerning the band, but we also asked him a few more personal questions. That should satisfy even the most demanding fans out there, before the Beast finally unleashes its next assault, Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt.

Mastema : Hi Infernus, how are you ? The trial that opposes you and Gaahl/King happened a few weeks ago, could you give us more information about the verdict?

Infernus: Hey there! I am very well, thank you. The court gave its decision, and it was pretty clear. I was right all the way, and they were wrong. Not too surprisingly, though. The verdict concludes with that they successfully excluded themselves from Gorgoroth by the illegitimate and disloyal act back in 2007, and thereafter have illegally been using the name and the logo for what it was worth doing a series of live appearances appearing to be the real deal: Gorgoroth.

M: We’ll get back to that later, but first: how is your new album going? Has it been recorded yet?

Infernus: It is all more or less proceeding according to the plans, and we are going to strike down really hard with this one. The only obstacle so far, was that I suddenly became double booked when the Oslo district court decided to have the main trial in the end of January. By then, I should have been in Pindamonhangaba, Brazil, working on the guitar parts together with a friend of mine there, a producer/guitarist from a band called Ophiolatry, which by the way is signed to my own record label - Forces of Satan. He is running a studio there called Laboratorio6, and I was very much looking forward to go there, working together with him. Nevertheless, I could have delayed the court case, but I obviously chose not to (and it goes of course without saying that I am happy for that as well). Therefore, we simply had to adjust our plans a bit and reschedule, doing the guitars in Sweden instead, at Monolith studio, where I have spent the last year working together with co-producer/drummer Tomas Asklund.

M: What can fans except of that album, compared to the latest Gorgoroth albums where King wrote most of the material?

Infernus: As a start, they can expect that he did not write a single part of it. The album will speak for itself when it is released, and it will be so in October or around that time.

M: You got Pest and Tormentor back in the band, which is awesome! How did you convince them to return?

Infernus: I just had to make two phone calls. Not much more than that was needed. Of course, it helped that we always kept a good tone and that we are friends, and have been so for quite some time now. When this situation arose, they both wanted to and were able to return. Tormentor quit in 2002 because he did not get along with the aforementioned ex-bassplayer, and, as I already stated, by October 2007 the ex-bassplayer managed to successfully remove himself from the band. So that was not a big deal. In the mid 90's when Pest had to leave, he had to do so because he had to focus on some other issues. That is a long time ago, and he is still going strong and is into what we do, so taking into consideration that he now has that amount of time to use on the band again, he immediately accepted my offer, and is therefore to be considered as Gorgoroth's vocalist, once again. All hail them both.

Infernus (Gorgoroth)

M: One of the main reasons King and Gaahl gave to justify their decision is that you allegedly didn’t write any material for about eight years. The fact that you have an album ready now proves that you’re still a creative guy, so I don’t understand this: why didn’t you write any music for Gorgoroth during these years?

Infernus: I more or less have one and a half album ready now, in fact! Hm, I always wrote music. But I need to be 100% able to stand behind what I deliver. Call it spirit or inspiration or whatever. I do not have a quantitative approach to writing and delivering music. Thus it was not really important for me to write all the music for the band. I did so a couple of times before, on ”Antichrist” and ”Under the Sign of Hell”. For me it is the result which is important, not necessarily getting the chance to take the credits for all and everything concerning the band. Regarding it like that, one should be able to come up with a certain question: shouldn't they - the counterpart - instead of complaining about that, just be happy to get the chance to write an album and a half for Gorgoroth? I believe so. As for the fact that I started writing material for the new album back in 2006, I have no way of knowing whether that had an impact on the ex-bassplayer's decision of trying to trademark the name behind my back in 2007. Only he knows. Desperation, I call it. They should have started their own band, like I did, many years ago. Thus saving ourselves this court case and public disgrace which I believe came with it.

M: What was your reaction when you heard that the band wasn’t actually split-up (as was first announced) but that King and Gaahl were going to continue on their own? When did you hear that King had secretly applied for a trademark on the band’s name? That same day, or some time before?

Infernus: First of all, the band was split up, as I said the first time, with them excluding themselves from the band, leaving me to build up a new line-up. But they used the media for all it was worth to make people believe otherwise, that they could continue using the name of the band I founded. And to a large extent they were successful in doing so, making people believe that their "version" of the band was legitimate. I understood that they wanted to continue performing live etc. under my band's name, and I immediately told them that it was not according to my will, and that I would take legal action against them. I did, and the outcome is clear by now. I believe it was a Friday evening, October 19th or so, when I got informed of their plans to end the cooperation with me. I immediately knew I had the strongest card, so I said we should fulfil our contracts (for example the European tour in November 2007) and do the shows we had already confirmed for the fans out there waiting for us, while we let our lawyers have a look at the legal aspects of it. That would not have been much of a problem, as I see it, because we were not friends at that point of time anyway, and we could, in the name of professionality, have made that work. I was told that they would "think about it". However, late in the evening of Sunday October 21th, I received a text message from the vocalist informing me that they were going to use a replacement for me on the November tour. And the next morning, when I was walking to my lawyer's office here in Bergen, I made a phone call to the office of industrial property (Patentstyret). And not only did I get confirmed what I was suspecting, that someone had applied for a trademark of the band name and logo behind my back, but I also found out that it had been done on September 13th 2007 - the same day we went to South America together to do a two-week tour there. So they had already made up their minds when we had that first band meeting on October 19th, and there was nothing to "think about" - they just didn't dare tell me to my face. Not the most decent way of doing things, if you ask me.

M: Do you also see this situation as a bit absurd, two bands claiming the same name? Was there a point where you thought “fuck it, I’ll carry on with another name”?

Infernus: I understood that they really wanted the name, as they kept on using it, even though my lawyers clearly told them how the reactions would be. I never really thought that I would lose, and of course there is a reason why it was me who started all this way back in time, in 1992, together with Hat and Goat, many a year before any of the counterpart were even considered being invited into the band. I had the ability to take a court case, and I had a good case. Good help as well. So of course, I never thought for a second that this was something I would not like to continue with for another eternity. The choice was pretty simple. I am not in this for fame or glory, and it is really not important if some certain ex-member likes me or not. For me this has been a lifestyle for so many years, and my devotion is so strong, that I could perhaps not get out of this labyrinth even if I wanted to. The mysteries of Satan appear in the most peculiar of ways.

M: What would’ve happened if the court’s decision had been in favor of Gaahl and King?

Infernus: Then I would have taken every next step there was to get back the rights of the ownership. There was never, as I see it, a big chance that they could have won. So, for me, those are just absurdities and speculations. I more or less knew I would win, and I chose to focus away from the media and went to the studio, awaiting the outcome, which would come sooner or later. Unavoidable.

Infernus (Gorgoroth)

M: Does Regain Records support the judicial costs? Wouldn’t it have been a big financial blow for them if you had lost?

Infernus: I spent a fortune. I even had to sell parts of my guitar ecuipment to finance this, and to take up big personal loans, as I had many lawyers and trademark experts on it. I would of course take no chance. And when Regain came into it, we boosted the budgets significantly, and hired in the best option there was on the case here in this country: Onsagers AS, in Oslo. In some mysterious way, the counterpart had a legal representantive from a Norwegian labourers rights organization covering their back! I do not think he did very well in court, and combined with their case, it was quite some package. But above all, their witnesses! that was great fun. I laughed for days with what they had to bring with them.

M: The period right after the release of Ad Majorem… was very chaotic: Gaahl was in jail, you were going down the same road, King was out of the band… Was Gorgoroth on a break at that point?

Infernus: It is my belief that none of us were friends at all at that point of time. I hadn't been a friend of theirs, at least, for the last years. But we somehow kept it going. King had to quit his position in Gorgoroth because he was under pressure from his job as a primary school teacher. They had a problem with him fronting the satanic values of the band combined with being a primary school teacher. And I even asked him not to, and advised him to hire in professional help against his employer, if that really was so important to him. In retrospect, absurd. I clearly see it now, yes. I do believe we all for some time knew that this could not continue for much longer. It was just a matter of time before it had to end, and they - one of them or both - had to withdraw themselves from Gorgoroth and start their own band. That is what I believe. What goes on in their heads might be something entirely different. I do not at any point miss them, and I am really excited about the new situation where I both get to work with older members from the 90's and with two new ones as well. It is just the way it had to go, through the courts and in the media - I could very well have done without that.

M: What happened with the release of Norwegian Black Metal - Live in Griegenhallen?

Infernus: That is a long story. But having said that: we are now looking into whatever there is to be done to continue cleaning up the mess this process brought with it. And actions will be taken. We will be happy to inform you through Regain and our webpage www.gorgoroth.info as soon as a plan is settled.

M: Do you think that the somewhat absurd situation will have a negative impact of the band’s image, that of a seminal, underground and uncompromising black metal band? Can exposing this business side of things damage a band with such an image and reputation?

Infernus: Perhaps it can. But so be it. For me, I was never into this for fame or glory, nor the big money. I am myself and I am stubborn, at times perhaps even difficult to work with. So what? This is Satan's music, black metal, not a popularity contest! If I followed through the advice of all and everyone with a more or less good intention, that being record labels, ex-members etc., Gorgoroth could by now have been big business. But that has never been the main point for me. I need to be fully able to stand behind what I deliver. It shall be my way or no way. When that is said, I numerously times spat and stepped on the self-handicapping ideals of the so-called underground scene today. I resent it. I found a lifestyle and worked hard for 17 years, thus earning my position to be able to not care about negative impact from anyone. I can say fuck off to record labels and I can say fuck off to the underground. And I do it. Because it is my choice.

M: Let’s talk about your life philosophy. I believe we can fairly say you are a full-blown Satanist. Could you explain to someone who isn’t familiar with the basics what Satanism stands for and means to you personally?

Infernus: To put it as easy as I can: Satan represents to me a striving towards complete truth and goodness. It is all about seeing the world beyond the colours in which it appears. Satan speaks to the ones who can hear him. And he does not use a split tongue. Satan is my vehicle to my father, he is my 'yes' and my 'no' and my straight line.

M: I read you are opposed to the Church of Satan, could you explain why?

Infernus: Basically, because they reject a theist view upon being. I do not regard man as the center of the universe. These are my views and they are not the views of any humanist or so-called atheist.

M: When and how did you get into Satanism?

Infernus: I choose to believe I was born into it.

M: Some people have trouble understanding how you can combine Satanist beliefs with a “lucrative activity”: what’s your opinion on that?

Infernus: Satan transcends the whole of the world, and he works in the most elaborate ways. Whether an activity is lucrative or not says nothing about whether it is satanic or not.

Infernus (Gorgoroth)

M: Musically, is Satanism necessarily linked to black metal, to you? Would it be possible for you to play another form of music style someday?

Infernus: I am only in this for the satanism and the metal. That is how it is going to be. It is what I can do and it is what I want to do. I have no interest in changing dramatically into, say for instance, gospel music. Perhaps, when I’ll be 50, I will play a satanic variant of 80's heavy metal? Who knows? The future will let us know about that.

M: Gaahl claims to be a Satanist too: was that something that bonded you two?

Infernus: How I see it, what bonded us, was that we for a certain period of time seemed to work more or less in the same direction. But he is the past to me now, and what he does with his life is not my business. I do not really care.

M: The gig in Krakow, Poland in 2004 raised lots of controversy. Did you expect such trouble?

Infernus: No, I did not at all expect anything like that.

M: You were sentenced to prison on the conviction of ‘gross negligent rape’: what does that mean, exactly? How long did you actually serve? Could you give your version of this whole thing?

Infernus: Yeah, what does that actually mean? The short version - according to how I understand it: a woman at an afterparty was supposedly raped by another guy. I should have known about that so that I could prevent it. Mongo drunk as I was, I was oblivious to what was supposedly happening. The police kept on pushing me, threatening with maximum imprisonment for something I refused to take any responsibility for. Thus fuck off was the answer and the attitude all the way through the processes which lasted for years. Then they also found and confiscated some illegal weapons in my flat, and it all ended up with about 120 days in a low security prison. Big deal.

M: Back to the music. Gorgoroth is seen as one of the very few “true” black metal bands, staying true to the genre’s ethic. How do you see the band’s position in today’s BM landscape? What do you think of the old bands’ evolution nowadays?

Infernus: I do not regard Gorgoroth to be too much a part of that. I regard us as an original band with a clear intention behind what we do. That we have stayed true to ourselves through times of change. When that is being said, me as a private person, I am not a rocker, nor a philanthropist. I do not seek forums to socialize with other members of the scene anymore. Haven't done so for eternities. I somewhat miss the spirit and the attitude from the old days, and I re-enact it through music. Satan's music. I can do that at home or with a few selected individuals, that being at the rehearsal room, in studio or on stage somewhere where that certain energy is present.

M: Could you come back to the band’s very first days? How did you decide to form the band? What was your goal?

Infernus: I came up with the concept and the idea and got in touch with two of my closest friends, Hat and Goat, presenting them the idea. And they were all into it. We gave it a hundred percent, nothing less. Such commitment and attitude often leads to an outstanding result. And I am really happy I got to work with them at that point of time. It really shaped our direction onwards.

Infernus (Gorgoroth)

M: One odd (but in my opinion great) record in the band’s discography is Incipit Satan. What did you want to achieve with that album? Do you understand why some fans rejected it?

Infernus: I do not care whether anyone rejects it, that being my mum or some fans. Me and my band first and foremost have to be honest to ourselves. If that means that we will produce an album which not too many people embrace and hold high, that is the inavoidable and logical result of that.

M: What do you think of King’s creative input in the band these last years?

Infernus: I think he more or less served his purpose during most of the time. It was me inviting him into the band, and it was me telling him not to quit back in 2006. So of course, I take responsibility for that.

M: How would you define the essence of black metal? What are some of the bands you admire in this style?

Infernus: No, honestly, I do not think I can define it by words, no. Perhaps that is a part of why I never give up in terms of music as well. I will leave it for others to speculate upon. I do not really admire many bands in this style anymore. I keep listening a lot to 80's heavy metal. Accept, Judas Priest, Yngwie Malmsteen and so on. If I should pick some, a bit, newer bands, perhaps two quite different examples, but which I really enjoy, are Burzum and Dissection. Now, that is something. They really managed to bring something into what they were doing.

M: In 2006, you created your own label, Forces of Satan Records”. What is the label’s philosophy, can you present some of the bands you already signed?

Infernus: We are a small label dedicated to working with a few selected bands with a certain attitude. We are satanists, and satanic qualities - in one way or another - is what we are looking for in the bands which we are signing. So far we have inked deals with Ophiolatry (brazil), Black Flame (italy), Tangorodrim (israel), Triumfall (serbia) and Gorgoroth. Some limited edition collectors items have and will be released from Gorgoroth through Forces of Satan Records.

M : When and how did you learn to play the guitar? How did you get in touch with metal and black metal?

Infernus: I never learned it, yeah! I desecrate the name and reputation of Leo Fender every day, for what that is worth. Nah, I started on late in the 80's, playing guitar. I was introduced to black metal by a friend of mine in 1986 I believe it was.

M: All right man, this is it. Thank you very much for your time, I hope everything will soon be sorted out. If you wish, you can leave a few words to your Belgian fans… Thanks again!

Infernus: Thank you for your sincerity and interest! Everything will be sorted out, one way or another, I can assure you that. To you Belgian fans, I am sorry for the messed up situation in 2007 onwards. I am aflame with the fires of hell, ready to make it up to you on the next occasion. I cannot really wait to be back on the road again. Till then!



Interviewé par : MASTEMA
 
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