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| Five Finger Death Punch “American Capitalist” ![]() Amateurs de grosses mécaniques américaines, ceci est pour vous. En l’espace de trois albums, les californiens de Five Finger Death Punch ont réussi à se tailler une place de choix sous les spotlights du metal US moderne. Leur premier album The Way of the Fist (2007) avait fait forte impression et l’écueil du second War is the Answer (2009) avait été passé haut la main (voir notre chronique précédente). Avec American Capitalist, ils continuent sur leur lancée et devraient commencer à se faire une solide réputation en Europe continentale (le Royaume-Uni ayant déjà largement adhéré). Sans grande surprise mais avec un poil plus de mélodies, tout est calibré sur ce nouvel album pour percuter efficacement et ravir les fans de metal américain. Si j’insiste délibérément sur le terme américain, ce n’est pas pour rien. C’est le titre de l’album qui annonce la donne. Tout, absolument tout, sur cette plaque transpire et suinte le pays de l’Oncle Sam, sa culture, ses références et ses modes de pensée. Cela commence avec le visuel : la pochette colorée et kitsch à souhait fait penser à un mauvais film d’action hollywoodien. La grosse bagnole, les tours en verre, les nanas bien roulées, le personnage à la tête de mort sortie d’un comic book (dans la continuité de leurs pochettes précédentes), impossible à ce stade de déterminer s’il s’agit d’autodérision ou pas. Toute cette imagerie et plus encore (des filles sexy en bikinis, une piscine, une villa de luxe, etc.) se retrouve dans le clip du premier single tiré de l’album « Under and Over It ». Cela ressemble au clip de n’importe quel rappeur bas du front. D’après ce que j’ai lu, le groupe a délibérément recherché cette mise en scène. Après tout, pourquoi ne pas se marrer au bord d’une piscine, entouré de divines créatures ? Les paroles de ce morceau confortent dans l’idée du second degré. Avec sarcasme, la chanson s’adresse à ceux qui colportent des rumeurs. J’en prends acte. Le parolier Ivan Moody n’est donc pas macho ni imbu de son succès. Une réussite dont 5FDP ne semble pourtant pas peu fier (légitime, ils ont été disque d’or avec leurs deux premiers disques). Mais ils semblent ériger ce succès en dogme. A propos du titre de l’album, Zoltan Bathory (fondateur et guitariste) explique que « l’Amérique a adopté une forme de capitalisme qui ressemble fort au fonctionnement de la nature. Darwinisme et capitalisme partagent beaucoup de similitudes. Tu dois te rebeller contre ta situation, ta paresse et ta médiocrité, pas contre le système. Le meilleur va gagner. Si on était tous égaux, l’évolution n’existerait pas. L’esprit humain nous encourage à exceller. ». C’est en gros le message du morceau « American Capitalist » qui dit dans le refrain : « je ne veux pas admettre que j’ai tort, je ne veux pas regretter qui je suis devenu, je suis un capitaliste américain ». Là, on n’est plus dans l’humour mais dans la défense d’une certaine vision du monde. Pour preuve, en mars 2010, ils ont joué 10 concerts en Iraq pour les troupes US (ce qu’on peut voir dans le clip de « Bad Company »). Ils sont aussi de fervents partisans du deuxièment amendement. Tout cela et bien d’autres choses made in US sont énumérées dans « The Pride ». Si Smith & Wesson, la NRA (National Rifle Association), NASCAR (National Association for Stock Car Auto Racing), Coca-Cola, Pepsi, Tupac, etc. font leur fierté, chacun son truc, on va donc plutôt s’intéresser au plus important : la musique. Sous cet aspect-là, il faut bien dire que c’est assez bien ficelé. Il y a de très bons morceaux, très bien faits et mémorables. C’est le cas de « American Capitalist », « Under and Over It » et « The Pride ». C’est super efficace, puissant et chaque titre offre un très chouette refrain, mélodique à souhait. Il faut dire que la voix du chanteur est assez exceptionnelle, tant dans le registré chanté que dans le registre hurlé. Pour ce dernier, une comparaison est inévitable : Corey Taylor. C’est frappant dans le flow du chant sur « The Pride », « Menace » (surtout quand il crie « madness ») ou « 100 Ways To Hate ». On pourrait presque dire que 5FDP, c’est du Slipknot épuré, sans les effets, les percus et les masques. Ah ben, dans ce cas, la comparaison est plus évidente encore avec Stone Sour car il y a plus de mélodies et de chant clair que dans le gang masqué de Des Moines. Musicalement, les influences sont variées. La musique de « The Pride » ressemble ici et là à du In Flames récent. Idem pour le solo sur « Coming Down ». Ce morceau commence comme du hard fm US mais s’emballe comme il faut ensuite. Cela sonne en tout cas très US (je ne sais plus si je l’ai mentionné mais Five Finger Death Punch est un groupe américain). C’est donc du gros son, du lourd. Au niveau des compos, c’est 100% efficacité et 0% complexes. Ils osent par exemple des « hey hey yaaa » sur « The Pride » et quelques chœurs sur « Coming Down ». Ils y vont à fond sans se poser de question. C’est sans doute ça la différence entre un européen (qui a dit français ?) et un américain. Ça et surtout l’impression que c’est une grosse machine, boostée par l’industrie. Tout est bien en place, look y compris, mais du coup, ça manque parfois de profondeur et d’émotions. Si l’on retire les bons refrains (grâce à Moody), « Menace » et « Generation Dead » sont plus anodins. « Back for More » offre un peu de variété avec une structure un peu différente du couplet hurlé – pont – refrain clair. Quand arrive la très nulle balade « Remember Everything », on commence à se lasser tout doucement. « Wicked Ways » et « If I Fall » sont corrects mais s’oublient malheureusement un peu plus vite que les premiers morceaux de l’album. American Capitalist se termine fort bien avec « 100 Ways To Hate » assez groovy et catchy. La version deluxe de l’album propose en plus les remixes de « Under And Over It », « The Pride », « Remember Everything » et « 100 Ways To Hate ». Mais ne cassez pas votre tirelire, ces remixes sont totalement dispensables. C’est exactement la même chose que les originaux, les guitares en moins et des sons électros à la place. Ça donne presque du Linkin Park. Malgré mes réserves et remarques, je suis bien forcé de reconnaitre que c’est un bon album qui m’a plu. La production (made in US, haha) est impeccable et on ne peut décidément pas lui reprocher grand-chose. Il manque juste un peu de spontanéité et un brin d’authenticité. Ce n’est pas du fast food musical mais pas de la grande cuisine raffinée non plus. Une autre image tenace m’a marqué tout au long des écoutes de cette plaque : Five Finger Death Punch, c’est comme un blockbuster hollywoodien. C’est calibré, bien arrangé, tout public, boosté à la testostérone mais du coup, ça manque de finesse et de profondeur. Attention, le grand spectacle se laisse aussi apprécier et n’est pas forcément mauvais mais passé le plaisir immédiat, il faudra voir si cet album s’oubliera moins vite que leur premier. A apprécier déjà en live où pareillement, il y a fort à parier que tous les effets devraient être débauchés pour avoir un max d’impact. Si ce n’est pas encore fait, les fans de Slipknot, Stone Sour, Disturbed, Papa Roach, Adema et toutes ces « américaneries » devraient prêter allégeance à cet album et à Five Finger Death Punch.
Tracklist : 1. American Capitalist2. Under And Over It 3. The Pride 4. Coming Down 5. Menace 6. Generation Dead 7. Back For More 8. Remember Everything 9. Wicked Ways 10. If I Fall 11. 100 Ways To Hate 12. Under And Over It (Remix) 13. The Pride (Remix) 14. Remember Everything (Remix) 15. 100 Ways To Hate (Remix) | ||
Chroniqué par : VANARKH | ||
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