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Date de sortie : 01/09/2011

Style : Electro-Rock

Pays : Belgique


Note : 15/20
Hell & Dash
“Hell & Dash”

Attention, OVNI musical ! Hell & Dash est un projet électro-rock, parfois pop ou metal, en provenance de Bruxelles. A la première écoute, une réaction ironique serait de dire : tu mets un peu de tout dans le tambour de la machine, un peu de Dash et... « Hell ! Guess what's coming out ? ». Ce qui ressort, eh bien, le groupe le décrit comme un mélange entre le rythme et le groove de la musique électronique et les sonorités harmoniques du rock alternatif. Du chant rock sur des beats techno ? Un sacrilège qui paraît improbable et incohérent sur papier et pourtant, ça fonctionne plutôt bien. Ce projet, fondé en 2008 par Dave Dash (composition, chant, guitare, basse) et Julian Hell (électro, machines, etc.) a pour ambition d’immerger l’auditeur dans les millions de possibilités que peut fournir l’électronique tout en conservant la magie qu’une performance rock peut offrir. Cet album, totalement autoproduit (avec les inconvénients que cela implique malheureusement), parvient à étonner et captiver l’auditeur un peu curieux qui veut bien se laisser prendre au jeu.

En ce qui me concerne, ce n’était pourtant pas gagné d’avance. Car dès que l’on s’éloigne un peu de la galaxie metal, j’ai bêtement d’énormes réticences. Et pourtant, à force d’écoutes, je me suis vraiment laissé emmener vers de lointains horizons électro-rock. Partons donc de ce qui est à des années lumières du metal pur et dur pour se rapprocher ensuite du noyau vibrant du système Hell & Dash. A l’une extrémité, il y a « Love », le morceau le plus électro de l’album. Avec une voix claire toute gentille et l’absence de guitare (hormis un bon solo façon heavy metal ; nous y reviendrons), on a presque l’impression d’avoir affaire à Air ou Moby voire Daft Punk [ndr : le groupe le plus nul du monde qui ose s’appeler punk. Waw, jamais cru pouvoir la placer sur Rock ‘n Balls, celle-là]. Sur « Deep », l’électro domine beaucoup aussi et le début est assez lent. Le tempo va crescendo jusqu’à l’arrivée d’un peu de guitare à la fin mais ça reste globalement assez soft. Le chant de Dave monte de nouveau assez haut et fait penser à… Matthew Bellamy de Muse (ouf, ce n’est heureusement pas le registre du Dave de Vanina, haha). Ces deux morceaux sont indéniablement originaux mais comparativement au reste de l’album, je les ai trouvé moins convaincants parce que trop électro à mon goût et parce que le chant reste un peu dans les mêmes tonalités que sur les premiers morceaux (« Sorry » ou « Dream » par exemple).

« In Hell », on n’y est pas vraiment en fin d’album puisqu’il s’agit encore d’un titre plutôt lent. Tout comme « Deep », il faut attendre la seconde moitié pour qu’il décolle un peu grâce aux quelques apports d’une guitare plus grasse. Un tempo plus rapide et plus lourd dès le départ aurait été mieux pour apporter de la puissance et un côté plus sombre encore. Avec un chant parfois murmuré, on a la preuve que le potentiel vocal de Dash est très large, comme par exemple sur le passage très furtif où il contient un hurlement qu’on croirait sorti de Robb Flynn himself. En comparaison, « In Ur Head » possède les qualités qu’il manque à « In Hell ». L’électronique est toujours bien en avant au début mais avec en plus des petites touches de guitare au son très traficoté et aux effets vraiment sympas. J’adore particulièrement lorsque ça s’accélère et surtout quand la guitare devient bien grasse car le morceau gagne en consistance et en force. Notons aussi sur ce morceau les quelques lignes bien placées de chant féminin et, pour le clin d’œil, un riff identique à celui de « Can’t Get the Best of Me » de Cypress Hill.

Remontons le temps  et revenons à « Dream (part 2) ». Il s’agit là d’une balade assez sombre, une sorte de rencontre entre Nine Inch Nails et David Eugene Edwards (16 Horsepower), toujours mâtinée de sons électros. La voix rappelle ici aussi Robert Flynn dans ses élans mélodiques et il y a un beau travail sur les arrangements doux et subtiles de la guitare qui sonne un peu comme sur l’intro de « It’s Only Them » de Pain.

Retour au début de l’album avec le titre « Sorry ». C’est l’un des plus importants car c’est lui qui ouvre les hostilités. Il doit donc avoir une capacité d’accroche suffisante pour inciter à poursuivre l’écoute. Ça démarre au piano comme un morceau de rock alternatif, un truc un peu bateau à la Nickelback par exemple. Mais après 37 secondes, surprise garantie à la première écoute lorsqu’arrivent des loops drum ‘n bass sur fond de guitare rock traficotée. Accroche gagnante et belle vitrine pour la suite. En effet, j’ai toujours trouvé que le problème dans le genre électro-rock, c’est l’opposition des deux styles et notamment la différence de synchronisation entre des beats rapides et une guitare qui a du mal à suivre. Ici, c’est nickel, ça suit, le chant n’est pas déphasé et ça coule tout seul… jusqu’à environ la 4ème minute où, nouvelle surprise, voilà que déboule un solo de guitare style heavy metal. Ça fait penser à du prog’ metal à la Dream Theater ou même à un héritage de Van Halen. Niveau originalité, rien à redire, je n’ai jamais entendu un tel mélange. Par contre, ce premier solo de guitare n’est pas mauvais mais pas le meilleur. Il y en a un nettement mieux foutu sur « Friday War ». Ce type de mélange solo heavy metal / électro apporte vraiment quelque chose de neuf et d’intéressant. Avec une guitare bien présente mais légèrement en retrait, « Friday War » possède un côté dansant que ne renierait pas Peter Tägtgren dans Pain. C’est très frais et tout simplement impeccable. C’est clairement le meilleur morceau de l’album si l’on accepte qu’il est trop court et qu’il finit un peu abruptement. Signalons, au passage le court instrumental « Armageddon » similaire à l’intro de « One » de Metallica qui n’a finalement d’autre fonction que d’introduire le morceau suivant.

A l’autre extrémité de l’album, il me reste à mentionner les deux autres perles de cette autoprod. « Shit Press » est hyper bien foutu et encore très dansant. Au début, on a presque affaire à du Prodigy mais ça ne dure que le temps qu’arrive une guitare bien metal, qui manque peut-être d’encore davantage de distorsion mais qui se marie à nouveau parfaitement avec les sonorités et beats électros. Niveau chant, Dave est encore meilleur quand il s’énerve et gueule ainsi. Sur « Jet Set » aussi, ça arrache, ça gueule et ça bourrine plus. Le solo de guitare y est encore très réussi. C’est le titre le plus dur qui flirte avec de l’indus façon Static-X et n’est pas non plus sans rappeler Senser. A mon sens, c’est l’un des plus réussis et certainement le plus puissant.

En bonus, Hell & Dash propose cinq chansons acoustiques. Il s’agit en fait de versions épurées de toute sonorité électro. Là encore, « Jet Set » sort vraiment du lot et « Sorry » tire aussi son épingle du jeu. On entend là une autre facette du groupe qui prouve l’étendue de sa palette et qui lui permet ainsi de proposer des sets acoustiques.

Pour conclure cette exploration en long et en large de leur univers sonore, je dirais que c’est un album très attachant. Je n’ai pas tout aimé mais même ce qui me plaisait le moins au début, j’ai fini par l’apprécier d’une façon ou d’une autre. Hell & Dash est résolument frais, novateur et regorge de bonnes idées. Dave a une voix assez exceptionnelle, il sait vraiment chanter, pas uniquement gueuler (même si on aimerait justement qu’il gueule un peu plus). L’absence de batterie ne gêne pas du tout et est même un atout vu que cela laisse un large espace aux sons électros, très sympas au demeurant (pour ce que j’en connais vu que je ne suis pas un accroc des soirées Bulex). Le son de Hell & Dash est globalement bon mais ça reste une autoproduction, un enregistrement fait à la maison avec les moyens du bord. C’est là l’écueil majeur : il manque aux compos une certaine amplitude, du gros son, bref de la puissance. La direction artistique, la technique, le mixage et l’expérience d’un producteur professionnel pourraient vraiment leur être favorable. Si tel était le cas, on aurait un truc énorme entre les mains qui n’aurait rien à envier à toutes les références citées dans cette chronique. D’un autre côté, ils seraient moins libres dans leurs choix. Alors, à l’instar de Hell & Dash, je vous recommande de vous poser des questions et de vous faire votre propre idée en écoutant leur album.


Tracklist :

01 - Sorry
02 - Armageddon
03 - Friday War
04 – Dream (part 2)
05 - Jet Set
06 - Shit Press
07 - Deep
08 - In Ur head
09 - Love
10 - In Hell
11 - Deep (acoustic)
12 - Friday War (acoustic)
13 - Jet Set (acoustic)
14 - Dream (acoustic)
15 - Sorry (acoustic)

Chroniqué par : VANARKH
 
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