Humatronic, formation belge de la région de Bruxelles, avait déjà fait parler un peu d'elle fin 2009 avec la sortie de sa première démo dont le design avait marqué les esprits de certains d'entre-nous. Ces aficionados dy cyber metal n'ont depuis pas lâché l'affaire, et ont mis la main à la pâte pour nous pondre un premier album totalement auto-produit, et sorti chez nous il y a un peu plus d'un mois, j'ai nommé : Structures. On savait déjà que Humatronic officiait dans un style un peu à part à notre époque, même si le metal moderne aux accents électroniques et industriels se fait de plus en plus une place au soleil depuis quelques années, notamment grâce à des groupes comme Sybreed (les maîtres du genre selon moi) ou plus récemment les danois de The Interbeing, mais à quoi devait-on vraiment s'attendre avec ce premier album longue durée ?
Ce qui est déjà sûr dès les premières notes de cette écoute, c'est que le son a des qualités. Les bruxellois maîtrisent bien leur son et connaissent leurs univers sur le bout des doigts (ce qui est loin d'être toujours le cas...). On passera rapidement sur l'introduction d'une minute qui donne peut-être une idée de l'ambiance générale, quoi que je ne l'aie pas trouvée vraiment indispensable... pour entrer dans le vif du sujet avec « Achroma », qui se révèlera plus tard être l'un des morceaux les plus rythmés de ce disque. Humatronic fait plutôt bien rimer « industriel » avec « nickel » sur ce coup-là, et on apprécie franchement le titre à la première écoute. Ce sera également le cas avec « Chairs Neuves », qui se révèle drôlement efficace, surtout dans ses refrains, qui restent en tête un moment. Ce qu'on reprochera ensuite au groupe à partir du troisième vraiment titre de cet album, c'est de s'empâter un peu dans les méandres mélancoliques de sa propre musique, qui finit par tourner un peu en rond dans des ambiances forts similaires, qui donne finalement à cet album un ton fort répétitif. On aurait aimé entendre quelques variations sur des rythmes plus rapides, par exemple, mais on n'aura droit qu'à deux morceaux de six minutes chacuns pour terminer la tracklist, qui se révèleront trop long à l'écoute... Les idées d'ambiances sont en général très intéressantes, mais Structures manque un peu de production et de direction artistique pour vraiment offrir à ses morceaux ce dont ils ont besoin pour véritablement exploser. Mais le défaut le plus important d'Humatronic, selon moi, se situe certainement au niveau du chant. Pas pour le fait qu'il soit en français, ce qui est plus que respectable à nos yeux, mais bien parce que sans ouvrir le livret pour lire les paroles de ces huit chansons, il est presque totalement impossible de comprendre un traître mot de ce que le chanteur exprime... et ça, c'est vraiment dommage ! A noter également qu'après avoir lu les paroles, on n'en sort pas forcément plus avantagé, car la plupart sont écrites dans un style pseudo-poétique qu'on aura dû mal à prendre au sérieux. Est-ce bien utile d'utiliser autant de mots non assez usités dans une même phrase pour exprimer son ressenti... ?
Ce premier album de Humatronic est un concentré de frustration : on aime parce que le style est intéressant et peu courant actuellement, mais on n'aime pas parce qu'on ne comprend rien aux paroles, alors que pour une fois elles sont en français ! On aime le son et le mixage sympathique, mais on regrette la direction artistique trop peu présente. Structures peu présager beaucoup de bonnes choses pour ses pères, si ils s'attelent à ne pas trop se disperser et à travailler ses textes pour nous offrir quelque chose de plus digeste. On notera tout de même l'effort de style, c'est sans doute le plus important à retenir.
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