;






Date de sortie : 09/0/4/201

Style : Hardcore/Metal/Chaos

Pays : France


Note : 16/20
The Phantom Carriage
“New Thing”

Il y a quelques semaines, je reçois un mail de Throatruiner records me demandant de tendre une oreille à leur nouveau poulain, les Français de The Phantom Carriage. Présenté comme « une partouze entre hardcore du chaos, black metal, screamo et jazz, ou, pour citer quelques points de comparaisons, l'improbable, la farfelue jonction entre Comity, Orchid, Deathspell Omega, Dillinger époque Mike Patton, Candiria ». Rien que ça ! Je comprends bien entendu le label qui se doit d’aguicher tout ce qui bouge, y compris les petits webzines insignifiants comme rocknballs. Une telle présentation m’a en tout cas clairement interpellé, et je me suis alors promis d’accorder le temps nécessaire à une écoute attentive de ce joyeux bordel sonore qu’est The Phantom Carriage, d’autant plus que Throatruiner records, en mettant systématiquement ses sorties en libre écoute, est un label qui ne court pas derrière l’argent mais uniquement derrière l’artistique !

La rage.

The Phantom Carriage a faim et est là, plus que pour nous le dire, pour nous bouffer le conduit auditif. La production laisse de la place à chaque instrument et permet donc à chaque musicien de nous faire partager sa faim de destruction. De la basse distordue ce qu’il faut aux guitares stridentes que Zao n’aurait pas reniées, les cordes règnent en maître de la révolution. Le chant incontrôlable n’est que cri et mise à nu des tripes, tandis que le batteur sait aérer la musique par des cassures de cymbales bien pensées. Il n’y a pas à dire, cette rage est communicative !

Le chaos.

Mettre Deathspell Omega dans les références, c’est l’assurance de se ramasser le vomi des élitistes de la mouvance extrême dans la tronche. Mais à y regarder de plus prêt, je peux concevoir le lien improbable. D’une part, Deathspell Omega a dépassé le système des codes musicaux et peut plaire à  quiconque aime l’énergie stellaire. D’autre part, The Phantom Carriage propose avec une gestion remarquable des passages sombres pouvant plaire aux plus coreux des blackeux (vous me comprenez). Les petits break jazzy parsemant New Thing…, loin de déstructurer le tout, ajoutent au contraire un semblant de calme et d’ordre dans le chaos. Car ces passages ne sont là qu’en attrape nigaud permettant à l’auditeur de respirer quelque peu avant de se ramasser une déferlante de notes chaotiques.

La pureté.

Il y a des albums comme ça, on ne sait pas pourquoi, il s’en dégage un petit quelque chose d’authentique. Parmi la tonne de déjection humaine qu’on se ramasse au quotidien, il y a des gens qui font dire que la vie vaut la peine d’être vécue. Et bien cet album, s’il ne va pas jusqu’à me concilier avec le chaotic hardcore, me fait dire que cette mouvance a l’art de compter en ses rangs des entités à la démarche pure. The Phantom Carriage en fait partie. En 2011, il est suicidaire de faire de la musique extrême. Mettre son album gratuit sur le net, cela l’est d’autant plus. Varier les influences ? De la folie à une époque où les gens n’écoutent plus la musique, mais consomment des bribes de chanson, sans daigner payer un euro. Et malgré ça, des groupes comme The Phantom Carriage parviennent à publier un album comme New Thing…, où se mêlent la forme classique du hardcore-Metal avec des structures improbables et… de l’accordéon (oui oui). Et le plus fou, c’est que l’album semble cohérent.

New Thing est, vous vous en doutez, une perle d’authenticité qui mérite d’être apprivoisée. Mettez cet album dans votre meilleure sono, vous profiterez alors au mieux du grain des guitares et de la basse. Montez le volume, vos tripes vont remercieront. Et en gage de remerciement, procurez-vous la version vinyle de ce New Thing ; la musique alternative s’en portera alors un tout petit peu mieux, votre collection aussi.

Tracklist :

1. The Horses Feed Their Birds
2. The Wreck Of My Mental Ship
3. The Monument On Hendrick’s Hill
4. Black Rain Falls In Drops
5. Les Fantômes Se Cachent Pour Pleurer
6. Our Roses
7. 16-04-10

 


 
Chroniqué par : CORVUS
 
RETOUR
+ DE LIVE REPORTS

16-06-2016
  TREMONTI + MAN THE MIGHTY + CROBOT
Theater (Heerlen, NL)

30-05-2016
  KORN / BEYOND THE BLACK
Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

20-02-2016
  SYMPHONY X / MYRATH / MELTED SPACE
Biebob (Vosselaar, BE)

14-02-2016
  DAGOBA / LIGHTMARE
L'Entrepôt (Arlon, BE)

 

30-12-2015
  MONARCH / BIRUSHANAH / ORNA
Magasin 4 (Bruxelles, BE)

17-11-2015
  SLAYER / ANTHRAX / KVELERTAK
Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

11-11-2015
  VREID / KEEP OF KALESSIN
Kultur Fabrik (Esch-sur-Alzette, LU)