Depuis la formation du groupe en 2007, les montpelliérains de Weaksaw nous avaient déjà proposé une démo et un EP qui nous avaient permis de découvre leur thrash/death metal moderne, dans une veine à la Fear Factory mais plus actuelle. Grâce à leur nouvelle collaboration avec Klonosphère et Season of Mist, les français ont l'opportunité de nous présenter cette fois-ci leur premier vrai album longue durée, quarante cinq minutes de musique pour dix titres compacts, stylés et dans l'air du temps.
Avec une production axée sur la double-pédale et les rythmiques syncopées qui sont légion dans leurs compositions, les petits de Weaksaw nous offrent donc là un album éponyme qui devrait en intéresser plus d'un en ce début d'année 2012, et particulièrement ceux qui aiment ce qui sonne neuf, actuel et même parfois un peu avant-gardiste. On pourrait parfois reprocher aux rythmiques de guitares de sonner un peu « réchauffé » ou « déjà entendu », mais ce groupe arrive très bien à s'approprier ce genre de tempo, un peu comme avaient su le faire également il y a quelques années les lorrains de X-Vision. La complémentarité des deux grattes, entre rythmique et mélodie, apporte beaucoup à ce disque, la batterie joue bien son rôle, sans abuser de technique mais en mettant clairement l'accent sur le kick, et le chant, quant à lui, pourrait être plus travaillé au niveau de la puissance, mais trouve relativement bien sa place sur les dix chansons de cet album. Les trois ou quatre premiers morceaux vous plongeront rapidement dans l'univers de Weaksaw, avec assez de puissance et de conviction pour vous donner envie d'en entendre plus et de vous intéresser à « Dystopian City », qui apportera les changements nécessaire au niveau du rythme et de l'atmosphère ambiente pour empêcher cet album de tourner en rond. La voix y est intéressante, un brin plus mélodique, et ça fait du bien. On appréciera également beaucoup « Blemishes », une pure tuerie de combinaisons batterie/guitares, avec un son haletant et une tension constante qui vous attrapera à la gorge dès les premiers riffs, ainsi que le petit côté groovy dans certains passages de « Rattlesnake Redemption », grâce auquel Weaksaw élargit encore un peu sa palette de possibilités.
On aurait tendance, à une époque où les très bons groupes sont de plus en plus nombreux à apparaître au sein de la scène metal internationale, et notamment en France (qui a bien eu du mal à se sortir du carcan neo-metal après la vague pleymoesque mais qui semble aujourd'hui regorger de nouveaux talents), à en demander de plus en plus à ces groupes et même lorsqu'il s'agit d'un tout premier album. On voudrait dire à Weaksaw qu'on aurait quand même aimé entendre un peu plus de diversification entre les morceaux, notamment au niveau du chant qui semble se répéter un peu trop sur le plan stylistique, mais de quoi nous plaignerions-nous, finalement ?! Bien sûr, ces petits gars ne révolutionne pas le metal, mais la vérité, c'est que cette première plaque des natifs du Languedoc-Roussillon profite d'un très bon niveau de composition et d'une production travaillée. On ne pourra en fait que les féliciter, et les encourager à faire encore mieux pour la suite, car on peut sentir à travers ses dix morceaux que Weaksaw n'a pas encore atteint son vrai potentiel, mais qu'il ne saurait en être autrement à l'avenir.
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