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Entretien avec Dan Swanö
Interview, traduction et édition par Mastema

 
Nom : Dan Swanö
Age : 38 ans
Pays : Suède

Studio :
Unisound (auparavant : Gorysound Studios), à Örebro (Suède)

Activités passées et présentes :
Mixage, mastering, enregistrement et production

Groupes avec lesquels il a travaillé :
Opeth, Marduk, Dissection, Dark Funeral, Novembers Doom, Ava Inferi, Asphyx, Ancient, Barren Earth, The Project Hate MCMXCIX, Hail of Bullets, etc...

Groupes dont il (a) fait partie :
Edge of Sanity, Bloodbath, Katatonia (session), Diabolical Masquerade, Nightingale, Demiurg, etc...

Mastema : Bonjour Dan, comment vas-tu ?

Dan Swanö : Je vais bien ! J’ai eu un travail démentiel ces derniers temps, mais qui suis-je pour me plaindre ? J’adore mon travail (sourire).

M : Tout d’abord, contrairement à d’autres producteurs, tu es avant tout un musicien…

Dan : Je pense honnêtement que la plupart des producteurs ont commencé en tant que musiciens. Peut-être n’ont-ils pas connu le succès, ou même n’ont-ils pas foulé les planches, mais… Il semble que pour une raison ou une autre, la plupart des mes producteurs fétiches sont des batteurs. Un jour, ils ont pris conscience qu’ils étaient plus heureux en produisant des groupes qu’en tant que batteurs.

M : Comment as-tu été attiré par l’enregistrement et la production ?

Dan : Je n’ai jamais vraiment voulu être un « producteur », selon la vraie définition de cette profession. Accidentellement, j’ai « dû » produire beaucoup de groupes et de musiciens confus à travers les années. Tout propriétaire de studio avec un minimum de sens du business se doit parfois de demander à un groupe de laisser tomber une partie d’un morceau qu’il n’est pas capable de jouer, ou de faire appel à ses propres compétences musicales pour mettre en place des refrains qui « fonctionnent » mieux, par exemple. J’ai souvent fait cela avec Millencolin, par exemple [note : groupe suédois de punk rock, avec lequel Dan a bossé sur l’album For Monkeys (1997)]. Mais ça ne fait pas de moi un producteur. Bon d’accord, il m’est aussi arrivé d’agir en tant que vrai producteur, tu as raison. Mais la plupart du temps, je n’ai fait qu’enregistrer la musique, fermer ma gueule et laisser les groupes se produire eux-mêmes.

M : Puisque tu as toujours été très actif en tant que musicien, j’imagine que ton but premier était d’enregistrer ta propre musique ?

Dan : J’ai toujours enregistré ma musique, oui. J’ai des cassettes de moi à l’âge de 4-5 ans en train de chanter dans un anglais inventé ! Pour moi, être dans un groupe se résume essentiellement aux enregistrements. Je n’ai jamais été un grand amateur des concerts, je suis bien trop nerveux avant tout « événement » d’importance pour profiter du live. Après un certain temps, les enregistrements de mes groupes commençaient à souffrir du fait que nous n’avions que quatre pistes à notre disposition. C’est alors que j’ai commencé à enregistrer d’autres groupes du coin, pour que l’on puisse investir dans du meilleur matos. Avec pour résultat que c’en est arrivé à un point où j’étais tellement occupé à enregistrer les autres que j’avais à peine le temps de m’occuper de mes propres groupes…

M : As-tu étudié le son à un moment ou un autre ? Ou es-tu un autodidacte ?

Dan : Je n’ai jamais suivi de cours. J’ai juste piqué quelques astuces ci et là de plusieurs ingénieurs du son au fil des années…

M : Quel a été ton premier enregistrement pro sur un album complet ? Si je m'en réfère à ta bio, j'aurais tendance à citer le Nothing But Death Remains d'Edge of Sanity (1991).

Dan : Non, je n'ai rien mixé de Nothing But Death Remains, Dieu merci, puisqu'il sonne affreusement ! Ce disque a été mixé par Boss et Rex Gisslén. J'étais juste assis à côté d'eux en me demandant ce qui se passait (sourire). Le premier album complet que j'ai réalisé était Sick Jar of Jam de Harvey Wallbanger [note : groupe suédois de thrash plutôt second degré, dont ce fut le premier et unique album studio]. Ca doit dater de 1991 [note : 1992, en fait] et je l'ai réalisé sur un Fostex R8.

M : Pourquoi avoir déplacé le studio Unisound dans ta propre maison à Örebro ?

Dan : J’ai déplacé le studio maintes fois. D’abord il se trouvait dans une cave moisie à Finspång. Je l’ai déplacé dans une tour dans le centre d’Örebro, puis il s’est retrouvé dans une autre cave moisie, toujours à Örebro. Ensuite j’ai foutu tout mon bazar dans une petite pièce d’un appartement, puis encore un autre appartement, et enfin j’ai engagé des mecs pour construire la pièce insonorisée où je me trouve en ce moment même !

Dan Swanö

« Tout propriétaire de studio avec un minimum de sens du business se doit parfois de demander à un groupe de laisser tomber une partie d’un morceau qu’il n’est pas capable de jouer, ou de faire appel à ses propres compétences musicales pour mettre en place des refrains qui « fonctionnent » mieux, par exemple. » (Dan Swanö)

M : Diriger un studio et enregistrer des groupes requiert évidemment des connaissances techniques assez poussées (sans parler de l’équipement, hardware, etc.). D’où tires-tu ces connaissances ?

Dan : Tout d’abord je dois préciser qu’aujourd’hui, je me concentre essentiellement sur le mixage et le mastering. Ensuite, pour répondre à ta question, je lis beaucoup. J’avais pour habitude d’acheter toute publication concernant les techniques de studio, et aujourd’hui encore, je connais certains articles par cœur. J’aime aussi poser des questions à gauche et à droite. Lorsque j’entendais un bon mix réalisé par quelqu’un que je pouvais contacter, je l’appelais et je lui demandais comment il avait fait ! Du coup, c’était assez cool lorsque Peter Tägtgren m’appela un jour (je ne le connaissais pas encore à cette époque) pour me demander comment j’avais rendu les guitares si brutales sur The Spectral Sorrows [note : Edge of Sanity, 1993] (rires).

M : Pardonne-moi pour cette question un peu indiscrète, mais j’ai appris que tu avais toujours un job « régulier » à côté de tes activités studio. Cela n’en dit-il pas long sur la santé financière de quelqu’un qui travaille dans ce business ?

Dan : J’ai quitté ce boulot ! Yahoo ! J’ai travaillé à plein temps comme vendeur dans un magasin de musique entre 1997 et 2005, puis j’ai failli tout arrêter avant qu’on ne me convainque de continuer à mi-temps. Cette situation me convenait parfaitement jusqu’il y a quelque mois, lorsque j’en ai eu marre de tout ce business. J’ai donc quitté ce boulot. Je travaille actuellement à plein temps au studio, et la plupart du temps, ça me plaît énormément.

M : Auparavant, comment parvenais-tu à combiner un boulot avec des sessions de mixage et de mastering qui peuvent être très accaparantes ?

Dan : Je suis tout à fait capable de mettre mon esprit à zéro à chaque fois que je bosse sur un projet, et je peux bosser sur trois ou quatre albums ou masterings en même temps. J’ai besoin d’être tout le temps occupé ou je pète les plombs (rires).

M : Selon toi, comment le fait que tu sois un musicien (et même un multi-instrumentiste) influence-t-il ta vision et ton approche, comparé à d’autres producteurs ?

Dan : Je suis probablement plus branché « son » qu’un producteur, qui s’attache davantage aux morceaux eux-mêmes. Certains producteurs assistent aux répétitions du groupe, coécrivent même parfois les morceaux, et leur présence en studio est davantage celle d’un coach, pour s’assurer que les titres restent dans le bon tempo, etc. Alors que le son et le mix sont plutôt confiés à l’ingénieur qui bosse pour le producteur.

M : Tu fais ce boulot depuis un bon bout de temps. Quelle est ton point de vue sur l’évolution technologique ? De plus en plus de groupes aiment à revenir à des formes « traditionnelles » d’enregistrement, car la technologie « tuerait » l’Art. Qu’en penses-tu ?

Dan : Je dois ma situation actuelle au fait que les groupes sont capables d’enregistrer leurs morceaux chez eux à la maison et que je puisse transformer cela en quelque chose qui « fonctionne » en utilisant juste un ordinateur. Je pense que l’être humain est suffisamment intelligent pour savoir si un groupe est bon ou non, quelque soit la manière dont il a enregistré son album. Ce n’est pas demain que des groupes publieront des albums réalisés sur Guitar Pro ! (rires)


« Je pense que l’être humain est suffisamment intelligent pour savoir si un groupe est bon ou non, quelque soit la manière dont il a enregistré son album. Ce n’est pas demain que des groupes publieront des albums réalisés sur Guitar Pro ! » (Dan Swanö)

M : As-tu déjà enregistré des groupes dans des conditions « live » (tous les musiciens jouant ensemble dans une même pièce) ?

Dan : La plupart des albums que j’ai enregistrés à mes tout débuts l’ont plus ou moins été dans des conditions live. J’essayais de faire en sorte qu’on mette le chant en boîte a posteriori, sinon le micro capte trop de bruits parasites, mais un chant témoin était souvent enregistré durant les prises instrumentales. On travaillait comme ça pour achever un maximum de morceaux par jour afin de tenir les délais (qui bien souvent étaient d’une semaine pour tout !). Dans un autre registre, j’ai bossé sur un album live d’Asphyx et ça, c’était génial ! [note : il s’agit de l’album Live Death Doom, sorti en 2010]

M : Quelle importance revêt le côté relationnel, quand tu bosses avec un groupe ? Etre un bon producteur implique-t-il de pouvoir gérer les personnalités, être un bon « diplomate » ?

Dan : La plupart du temps, mon côté relationnel est merdique. J’ai un caractère difficile et je peux être chiant lorsqu’on ne fait pas ce que je veux. Ce qui est un défaut majeur pour un producteur. C’est précisément pour cela que je me suis retiré de ce rôle. Désormais je peux être seul et bougon, tandis que les groupes sont à des milliers de kilomètres d’ici devant leur ordinateur en train d’attendre de pouvoir télécharger mes mixes soumis à leur approbation (rires).

Dan Swanö

M : Tu as travaillé avec un grand nombre de groupes dans ta carrière. Si je suis ta discographie, le premier groupe « extérieur » avec lequel tu aie bossé fut Marduk, n’est-ce pas ?

Dan : J’ai connu Mogge [note : Morgan Håkansson, guitare] très tôt et Marduk fut un des premiers groupes que j’ai enregistrés qui est devenu connu. J’ai réalisé leur toute première démo [note : Dan parle sans doute de Fuck Me Jesus, sorti en 1991], leur premier EP [note : Here’s No Peace, 1997] et leurs trois premiers albums [note : Dark Endless, 1992, Those of the Unlight, 1993 et Opus Nocturne, 1994], avant qu’ils n’aillent à The Abyss [note : le studio de Peter Tägtgren].

M : Tu as également collaboré étroitement avec Katatonia (tu as aussi joué dans le groupe) à leur période death metal. Que peux-tu nous dire de cette expérience ?

Dan : Katatonia avait écrit à Edge of Sanity [note : le groupe de Dan à l’époque] pour dire qu’ils aimaient ce qu’on faisait, qu’ils avaient eux aussi un groupe et qu’ils aimeraient enregistrer avec moi au Gorysound [note : premier nom de l’Unisound]. Sitôt dit, sitôt fait. Ils se sont pointés au studio à l’été 1992. Ils n’étaient que deux à l’époque, et nous avons enregistré leur premier EP [note : Jhva Elohim Meth... the Revival, juillet 1993] en un week-end. Très rapidement, ils ont décroché un contrat avec No Fashion Records et je pense qu’il n’a même pas fallu 7 ou 8 mois pour qu’ils débarquent à nouveau au studio afin de mettre en boîte leur premier opus [note : l’excellent Dance of December Souls, effectivement sorti en décembre 1993, soit quelques mois à peine après la sortie du premier EP]. Ce sont des mecs en or et je leur serai toujours reconnaissant de m’être resté fidèle durant toutes ces années, alors que certaines choses que j’ai faites pour eux ne sonnaient vraiment pas si bien.

M : Que penses-tu de leur style actuel, très éloigné de celui que tu as bien connu ?

Dan : Je pense que c’est de la bonne musique. Je n’ai pas écouté beaucoup de choses, mais il est certain que ça a de la classe. J’ai récemment eu l’opportunité de mixer leur album (et DVD ?) live mais je n’ai pas pu le faire [note : Dan parle soit de l’album Live Consternation, sorti en 2007, soit d’un disque pas encore publié]. C’est vraiment dommage car c’était un excellent moyen pour me familiariser avec leur matériel récent.

M : Tu as également enregistré le premier album de Dissection, le classique The Somberlain (sorti en 1993). De quoi te souviens-tu ?

Dan : Je me souviens de beaucoup de choses, mais je veux que vous achetiez le livre sur Jon [note : Jon Nödtveidt, guitare et chant, décédé en 2006] quand il sortira, vous y lirez tout ce qu’il y a à savoir, OK ? [note : le titre de travail du livre est Book of Chaos. Aucune date de publication n’a encore été avancée.]

M : Quelle a été ta réaction en apprenant le suicide de Jon ?

Dan : J’ai pété un câble. Je connaissais ce mec depuis 1990, il était si drôle et talentueux. Quel gâchis qu’il ait perdu le sens des réalités… J’avais eu la chance de le rencontrer après qu’il soit sorti de prison.


« Mon côté relationnel est merdique. J’ai un caractère difficile et je peux être chiant lorsqu’on ne fait pas ce que je veux. Ce qui est un défaut majeur pour un producteur. » (Dan Swanö)

M : Tu as bossé en tant qu’ingé-son sur l’album Nothing Remains the Same (2002) de Pain. C’est assez remarquable étant donné que Peter Tägtgren est lui-même un producteur renommé.

Dan : J’ai chipoté sur le chant de quelques morceaux de cet album (« Shut Your Mouth » et « Eleanor Rigby ») et j’ai effectué un remix complet de « Bye/Die » et « Nothing » [note : tirés de l’album Dancing With the Dead, 2005]. C’est tout. C’est vraiment Peter qu’il faut créditer, c’est lui qui a mixé ces disques et en a façonné le son. Mais j’aime bien mes remixes, ils sont cool…

M : Tu as principalement collaboré avec des artistes de metal. Est-ce par choix ou simplement une question d’opportunités ?

Dan : Je pense que c’est principalement dû au fait que j’ai connu un certain succès en tant que mixeur « metal » au milieu des années ’90. Mais après le succès que j’ai connu avec Millencolin, j’ai aussi bossé avec un grand nombre de formations hardcore et punk.

M : Je dois t’avouer adorer le son du Resurrection Through Carnage (2002), le premier opus de Bloodbath. Comment l’as-tu obtenu ?

Dan : Les guitares ont été enregistrées avec une pédale Boss HM2 et un préampli Digitech GNX. J’ai piqué l’égalisation d’une piste de guitare « seule » sur l’album Left Hand Path [note : premier album d’Entombed, 1990], que j’ai ensuite appliqué à tout l’album via FreeFilter (RIP) [note : confession surprenante !]. Le chant a été enregistré par un micro à main Röde NT3 et converti via Waves C4. La batterie utilisée était une Premier Signia acoustique, et j’ai utilisé un compresseur analogique Summit pour la grosse caisse et la caisse claire. J’ai mixé l’album plusieurs fois pendant quelques mois, mais les dernières touches ont été apportées au studio qui deviendrait plus tard le Fascination Street [note : le studio de Jens Bogren] (là où il était situé à l’origine), alors que j’y mettais en boîte le chant pour le Alive Again de Nightingale [note : 2003], et cela parce que ce studio jouissait d’un local avec de bons baffles. Avant cela, j’avais dû écouter une grande partie de l’album au casque, et il était difficile d’obtenir précisément le son que je voulais.

Dan Swanö

M : Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, ton départ de Bloodbath m’a vraiment surpris, surtout vu les déclarations officielles assez vagues. Que s’est-il réellement passé ? Que penses-tu de leur nouvelle orientation, qui est plus moderne ?

Dan : Je pense que lorsque Bloodbath s’est mué d’un projet fun en un vrai groupe, je n’étais plus vraiment l’homme de la situation. Il est vrai que je ne suis pas grand amateur de tournées et de concerts, je n’aime pas beaucoup apprendre à jouer des morceaux complexes, etc. Alors ils m’ont dit par internet qu’ils n’avaient plus besoin de mes services, et bye bye… Leur nouvelle orientation ne m’intéresse pas vraiment. Ca n’a rien de personnel, c’est juste que leur « vision » de ce qu’est du bon death metal et la mienne n’ont jamais coïncidé. Je les freinais avec mon approche old school, ils voulaient faire des choses plus rapides et complexes… et une fois que je ne faisais plus partie du groupe, ils étaient libres de le faire !

M : En tant que producteur/mixeur, es-tu en relation avec le label à un moment donné ? T’est-il par exemple arrivé de recevoir des directives ou de subir une pression quelconque d’un label concernant le son d’un album ?

Dan : Pas vraiment, Dieu merci ! Le groupe lui-même joue en réalité de plus en plus le rôle d’ « employeur », la maison de disques n’intervenant que pour payer le studio. Je suis sûr que certains labels pour lesquels je travaille n’hésiteraient pas à interférer dans mon boulot pour me demander de refaire des mixes ou autre chose s’ils n’aimaient pas ce qu’ils entendaient, mais jusqu’à présent tout se passe bien (rires).


« C’est foireux d’être musicien, ingé son, producteur et être humain en même temps. Ca a toujours été un bordel que de gérer ça, ce qui explique sans doute pourquoi tous les albums d’Edge of Sanity sonnent assez bizarrement (rires). » (Dan Swanö)

M : Hormis ceux dans lesquels tu joues/as joué personnellement, dans quels groupes t’es-tu investi le plus ? J’entends par là suggérer des choses, peser dans les décisions, etc.

Dan : Il n’y a que quelques enregistrements où j’ai vraiment eu quelque chose à « dire ». Millencolin a commencé à se fier à ma bonne oreille pour la pop lorsqu’on faisait leur premier album ensemble. J’ai également apporté énormément de choses aux deux derniers Diabolical Masquerade [note : Nightwork, 1998 et Death’s Design, 2001 ; précisons tout de même que Dan était à ma connaissance un membre à part entière du groupe]. Ensuite, il y a quelques groupes dont j’ai aidé à redéfinir le son afin qu’ils soient en mesure d’enregistrer quelque chose qui se tienne…

M : Avec quel groupe as-tu pris le plus de plaisir à travailler ?

Dan : Tous les enregistrements ont des hauts et des bas et je ne pourrais en choisir un que j’aime en particulier. Mais si on tient compte de l’alchimie personnelle, l’enregistrement avec Opeth était vraiment fantastique [note : Orchid, 1995]. On s’est énormément marrés sur l’album de The Merciless [note : Unbound, 1994], aussi !

M : Gardes-tu également de mauvais souvenirs de certaines collaborations ? Y a-t-il eu des groupes « cauchemar » ?

Dan : Oh oui, il y a eu beaucoup de scénarios cauchemardesques. Je ne vais pas balancer de noms ici, tout cela fait partie du passé. En fin de compte, lorsque je me demande comment j’agirais si j’étais à la place des groupes, je me dis que je ferais probablement pareil, si la musique comptait réellement à mes yeux.

M : Quelle différence vois-tu entre enregistrer ta propre musique et d’autres groupes ?

Dan : C’est foireux d’être musicien, ingé son, producteur et être humain en même temps. Ca a toujours été un bordel que de gérer ça, ce qui explique sans doute pourquoi tous les albums d’Edge of Sanity sonnent assez bizarrement (rires).

M : Que peux-tu nous dire de tes travaux plus récents, comme ceux avec Ava Inferi, Omnium Gatherum, Kaoteon, Barren Earth, The Project Hate MCMXCIX ou Hail of Bullets ?

Dan : A l’heure où on parle, je suis en train de mixer le second album de Barren Earth [note : The Devil’s Resolve, dont la sortie est prévue pour le 8 novembre 2011]. Ce fut un sacré défi, mais au final on y est parvenu ! Les autres albums auxquels tu fais référence, mis à part celui de Kaoteon dont j’ai assuré le mastering, étaient tous des albums importants dans la carrière du groupe, par conséquent le côté psychologique a été important. Mais au final, tous les groupes étaient à 100% satisfaits du résultat, et c’est tout ce qui compte.

Dan Swanö

M : Tu es un des protagonistes majeurs de la scène death metal suédoise. Tu as mené plusieurs formations très importantes dans ce genre, mais tu as également contribué à lancer la carrière de plusieurs groupes importants. En prenant un peu de distance par rapport à tout cela, quel rôle estimes-tu avoir joué dans cette aventure ?

Dan : Je pense que ma contribution est assez bonne. Musicalement, j’ai fait en sorte d’apporter mon goût pour la musique plus commerciale dans le son « death metal », ainsi que les « valeurs » de la musique au sens large : avoir une bonne structure de chanson, des accroches, etc. Au niveau du studio, je ne pense pas avoir aidé des groupes à franchir une étape importante grâce au son que je leur ai concocté, du moins pas au cours des années ’90, mais je leur ai évité d’aller enregistrer ailleurs où leur son aurait certainement été plus mauvais, car les ingénieurs des studios classiques y connaissaient que dalle au death et au black à cette époque. Certains trucs que j’ai faits ne coûtaient vraiment pas beaucoup d’argent, les groupes pouvaient donc se tourner vers quelqu’un d’ancré dans l’underground tout en s’assurant d’avoir dans les bacs un album au son correct. L’enregistrement et le mixage de The Somberlain a coûté au groupe quelque chose comme 1500$ (ça nous a pris une semaine !).


« Je ne pense pas avoir aidé des groupes à franchir une étape importante grâce au son que je leur ai concocté, du moins pas au cours des années ’90, mais je leur ai évité d’aller enregistrer ailleurs où leur son aurait certainement été plus mauvais, car les ingénieurs des studios classiques y connaissaient que dalle au death et au black à cette époque. » (Dan Swanö)

M : On t’associe principalement à la scène death suédoise « old school ». Que penses-tu de la scène de Göteborg (death mélodique) ?

Dan : Il y a quelques trucs pas mal. Des éléments assez cool par-ci par-là dans la musique d’At the Gates et In Flames. Et c’est à peu près tout.

M : Si tu devais choisir l’album que tu as préféré enregistrer/mixer pour un groupe dont tu n’as pas fait partie, lequel serait-ce ?

Dan : Il est vraiment difficile de choisir… Parmi mes préférés, il y a les deux premiers albums de Barren Earth, Orchid d’Opeth ainsi que l’album de Loud As Light [note : Aerial View], un disque fantastique de rock indépendant !

M : De quels autres producteurs/mixeurs apprécies-tu le travail ?

Dan : Chris Lord-Alge [note : Meat Loaf, Bad Religion, Green Day, Smashing Pumpkins, Sum 41, etc.] est le maître. J’aime aussi certains trucs d’Andy Sneap et de Jens Bogren. Je trouve aussi que Randy Staub [note : Metallica, Bon Jovi, Nickelback, Bryan Adams, etc.] fait du bon boulot.

M : Si tu devais résumer le boulot d’un producteur/mixeur, quels en seraient les aspects les plus positifs ?

M : Dans mon cas, la liberté. J’ai la chance de définir mes horaires et de travailler quand j’en ai envie. C’est ce qui m’aide à rester positif lorsque les choses deviennent difficiles (sourire).

M : Et quels en seraient les aspects les plus pénibles ?

Dan : Les deadlines peuvent être emmerdantes, mais elles ne sont plus si fréquentes que cela, ces temps-ci, Dieu merci. Je pense que le problème rencontré le plus fréquemment est la surproduction. Les groupes ont souvent trop de temps, une situation qui leur permet de venir avec une pléthore d’overdubs, comme si chaque musicien était une putain de pieuvre (sourire). C’est alors à moi de faire en sorte que toute cette énergie puisse se dégager d’une paire d’écouteurs d’iPod, ce qui n’est vraiment pas facile. Je pourrais comparer cette situation à un chef qui va demander au client quels ingrédients il désire. Ce dernier lui répond : « Du poulet, du porc, du bœuf, de l’agneau, du poisson, des pommes, des tomates, des haricots, du sirop, des anchois, du chocolat, des marshmallows et du coca-cola. Et maintenant, cuisinez-moi quelque chose avec ça qui soit aussi savoureux qu’un steak-frites. » (rires)

M : En as-tu déjà eu ras-le-bol de ce boulot ?

Dan : Dans ma première partie de carrière, j’en ai vraiment eu marre, oui, et ça a totalement cassé l’envie en moi. Mais je ne parvenais pas à abandonner, je devais savoir comment mixer correctement un album, c’était comme une obsession ! Je peux devenir dingue quand les choses ne sonnent pas comme je le veux ! Mais depuis mon « retour aux affaires », je n’ai pas encore ressenti le besoin de me reconvertir à la plonge (rires).


« Le problème rencontré le plus fréquemment est la surproduction. Les groupes ont souvent trop de temps, une situation qui leur permet de venir avec une pléthore d’overdubs, comme si chaque musicien était une putain de pieuvre. » (Dan Swanö)

M : Quels sont tes projets futurs, aussi bien en tant qu’artiste qu’en tant que mixeur ?

Dan : En tant qu’artiste, je compte achever les albums de Witherscape [note : projet de Dan dont on ne sait pas encore grand-chose, si ce n’est qu’il mêlera du metal « traditionnel » à du death, quelques passages acoustiques et du piano !] et de Second Sky, ainsi qu’entamer la composition du nouveau Nightingale. En tant que mixeur, je dois mettre les bouchées doubles pour me mettre aux mixes qui figurent actuellement dans ma liste, et terminer ceux sur lesquels je suis actuellement occupé. Par après, je mixerai l’album d’un groupe classique de death/grind américain, ainsi que le nouvel Asphyx ! Des trucs très cool !

M : Dernière question traditionnelle chez Rock 'n Balls : quel est ton top-3 des albums de tous les temps ?

Dan : Elle est dure, celle-là… 1) Marillion, Seasons End [note : 1989]. Tous les morceaux sont géniaux et possèdent une identité propre, et le son est également assez unique. Mêmes les faces B du 7'' sont meilleures que la plupart des morceaux d'autres groupes. 2) FM, Indiscreet [note : 1986]. Le meilleur album d'AOR de tous les temps. Ce disque est tellement bon…pas une seconde de musique n'est à jeter ! 3) Kansas, Leftoverture [note : 1976]. L'album qui occupe la troisième position de mon classement change régulièrement… Mais ce disque est vraiment extraordinaire. Du pomp rock avec une classe énorme. Le meilleur album de death metal est Leprosy [note : Death, 1988] et le meilleur album de thrash metal est le premier Forbidden [note : Forbidden Evil, 1988].

M : Merci beaucoup d’avoir pris la peine de répondre à mes innombrables questions, Dan ! Je te souhaite bonne chance pour l’avenir, j’espère que bon nombre d’excellents albums seront estampillés de ton nom ! A bientôt.

Dan : Merci à toi ! A bientôt.

Dan Swanö





Lire la version française

Conversation with Dan Swanö
Interview and editing by Mastema

 
Name : Dan Swanö
Age : 38
Country : Sweden

Studio :
Unisound (formerly : Gorysound Studios), in Örebro (Sweden)

Activities (past and present):
Mixing, mastering, recording & production

Bands he worked with:
Opeth, Marduk, Dissection, Dark Funeral, Novembers Doom, Ava Inferi, Asphyx, Ancient, Barren Earth, The Project Hate MCMXCIX, Hail of Bullets, etc...

Bands he is/was part of:
Edge of Sanity, Bloodbath, Katatonia (session), Diabolical Masquerade, Nightingale, Demiurg, etc...

Mastema: Hi Dan, how are you?

Dan Swanö: I'm good! It's been an awful lot of work lately. But who am I to complain? I love my job (smiles).

M: First of all, unlike other producers you are first and foremost a musician.

Dan: I honestly think most producers started out as musicians. Maybe they never got famous, or even made it to the stage. But most of my producer-heroes used to be drummers for some reason. Then one day they realized they were happier conducting bands from a producer’s point of view, rather than as a drummer’s.

M: In which circumstances were you drawn to recording and producing?

Dan: I never really set out to be a producer in the true sense of the profession. I accidentally “had” to produce a lot of confused bands and musicians over the years. Any studio owner with a business sense has to ask bands to cut a part out from a song they just can't perform, or sit down and use his own music skills to construct a chorus that works out better, for example. Like I did a lot with Millencolin. But it doesn't make me a producer. I sometimes did what a producer does, yes, but most of the time I only engineered the stuff, kept my mouth shut and let the bands produce themselves.

M: As you have always been a proficient musician, I guess your first goal was to record your own music?

Dan: I was always recording my music. I have tapes from when I was like 4-5 years old, singing in made-up English; for me being in a band was always about recording stuff. I was never big on the whole “playing live” thing. I am too much of a nervous wreck before any major “event” to enjoy “live settings”. After a while, the recordings from my bands suffered a bit from the fact that we only had like 4 channels to record on, so I started recording other local acts to make some money so we could invest in better stuff. But it all got to the point that I was so busy recording others that we hardly had any time to record our own bands…

M: Did you study sound engineering at some point, or is it all self-taught?

Dan: I never went to school. I picked up a few tricks from various engineers over the years...

M: What was your first professional work on a full-length record? According to your bio, it's Edge of Sanity's Nothing But Death Remains (1991), right?

Dan: Nope. I didn't mix Nothing But Death Remains. Thank God! Because it sounds dreadful. That was mixed by Boss and Rex Gisslén. I was just sitting there wondering what was happening (smiles). My first full length was Harvey Wallbanger's Sick Jar Of Jam. I think I did it sometime in 1991, on a Fostex R8.

M: Why did you relocate Unisound in your own house in Örebro?

Dan: I relocated the studio many times. First from a mouldy cellar in Finspång to a tower in the centre of Örebro. Then after that I had the stuff in another mouldy cellar, but in Örebro. After that I put all the gear in a small room in a flat, then in another flat, and finally I hired builders to make a soundproof room where I sit now!

Dan Swanö

“Any studio owner with a business sense has to ask bands to cut a part out from a song they just can't perform, or sit down and use his own music skills to construct a chorus that works out better, for example.” (Dan Swanö)

M: Running a studio and recording bands of course requires a lot of technical knowledge (then there’s also equipemnt, hardware, etc.). How did you gather this knowledge?

Dan: First of all, I only mix and master bands these days. I read a lot. I used to buy every kind of studio publication you could find. I know some articles by heart to this very day. I also ask around a lot. If I heard a good mix from someone I could contact, I called him and asked how the fuck he did it! It was cool when Peter Tägtgren called me (before I knew him) and asked how the fuck I got the guitars so brutal on The Spectral Sorrows (laughs).

M: Forgive me for this question which is quite personal, but I’ve read you still have a “regular” job besides your studio activities. What does that say of the money a producer like yourself makes?

Dan: I quit! Yippie! I worked full-time as a sales guy in a music shop between 1997 and 2005, then I almost quit, but got talked into staying part-time, which was perfect until a few months ago when I had enough of the whole industry. So I quit. Now I work full-time in the studio, and most of the time I am having a blast.

M: Before that, how did you manage to combine a “regular” job with sometimes very demanding mixing and mastering sessions?

Dan: I have a 100% total recall set-up and can juggle with up to 3-4 albums and masterings at the same time. I need to have things to do all the time or I explode (laughs).

M: How do you think being a musician (and multi-instrumentalist) influences your approach and vision, as opposed to other producers?

M: How do you think being a musician (and multi-instrumentalist) influences your approach and vision, as opposed to other producers?

M: As you’ve been doing this job for a long time, what’s your view on technological evolution? More and more bands are coming back to “traditional” forms of recording, stating technology can “kill art”. What do you think about that?

Dan: I owe my current situation to the fact that bands can record stuff at home and I can transform it into something that “works” in my studio using only a computer. I still believe humans are smart enough to know if a band is good or bad, no matter how they recorded. I don't think bands will release Guitar Pro-made records any day soon! (laughs)


“I still believe humans are smart enough to know if a band is good or bad, no matter how they recorded. I don't think bands will release Guitar Pro-made records any day soon!” (Dan Swanö)

M: Did you ever do a “live” recording for band (everybody together in the same room)?

Dan: Most of the records I did in the very early days were pretty much live. I tried to make sure the vocals could go afterwards because of the spill into the vocal mike. But scratch vocals were often recorded during the takes. It was all a matter of nailing enough songs a day to make the deadline (often a week for everything!). I have mixed a live album for Asphyx, and that was awesome!

M: How important is the relational aspect when working with a band? Does being a good producer imply being good with people? Being a good “diplomat”?

Dan: I suck with people most of the time. I am quite a character, and can be very moody if I don't get my ways. And that is a very bad skill for a producer. That is why I removed myself from that position and can sit here and be grumpy and the bands are million miles away waiting by their computers for my mixes to be uploaded for their approval (laughs).

Dan Swanö

M: You have worked with lots of bands in your career. According to your timeline, the first “external” band you’ve collaborated with is Marduk, right?

Dan: I learned to know Mogge really early on, and I guess Marduk was one of the first bands I recorded that got famous. I did their very first demo, their first EP and their first, second and third albums before they decided to move on to The Abyss.

M: You have also collaborated closely (and also played) with Katatonia during their death metal days. What can you tell us about your experience with them?

Dan: Katatonia wrote to Edge of Sanity and said they liked our stuff and they also had a band and wanted to record with me in Gorysound. Said and done. The guys showed up in the summer of 1992. They were just a duo at the time, and we did their first demo during a weekend. They got snapped up by No Fashion records really early on and I think it didn't take more than like 7-8 months before they were back for the full length album. They are great guys and I am ever grateful that they stuck with me for all those years, even though some of the stuff I did for them didn't really sound that good.

M: What do you think of their modern style, which is of course extremely different?

Dan: I think it’s good. I haven't heard that much, but it's classy stuff indeed. I had the opportunity to mix a live album (and DVD?) with them just recently but I had to pass. That was a shame. It would have been an excellent way top get acquainted with their modern material.

M: You’ve also recorded the first and classic Dissection release, The Somberlain (1993). What do you remember of it?

Dan: I remember a lot of it, but I want you all to buy the book about Jon when it comes out and read all about it there, OK?

M: What was your reaction when you heard of Jon Nödtveidt’s suicide?

Dan: It freaked me out! I knew that guy since 1990. He was so funny and talented. Such a shame that he lost his ways. I got to meet him after he got out of jail anyway.


“I suck with people most of the time. I am quite a character, and can be very moody if I don't get my ways. And that is a very bad skill for a producer.” (Dan Swanö)

M: You’ve worked as an engineer on Pain’s Nothing Remains the Same (2002). This is quite remarkable as Peter Tägtgren is a well-known producer himself.

Dan: Well I have done some vocal tweaking for him on a few songs ("Shut your Mouth" and "Eleanor Rigby") and I have done two complete remixes, "Bye/Die" and "Nothing", that's all. All the power to Peter. He mixed those albums and created the sound. I like my remixes, they are cool...

M: You've mainly worked with metal artists. Was it your choice or simply a matter of opportunities?

Dan: I think it's because I got a bit famous as a metal mixer in the mid 90's, but I also had a shitload of hardcore and punk bands following the success I had with Millencolin.

M: I must admit I LOVE the sound of Bloodbath’s first record Resurrection Through Carnage (2002). How did you obtain this?

Dan: The guitars were recorded using a Boss HM2 pedal into a Digitech GNX preamp. I ripped the EQ from a guitar “playing alone” on Entombed’s Left Hand Path and applied that to the recordings using FreeFilter (R.I.P.) The vocals were recorded with a handheld Röde NT3 and processed to bit using Waves C4. The drums were acoustic Premier Signia. I used an analog Summit Compressor on the kick and snare. I mixed the album back and forth for a few months, but the final tweaks were done when I recorded the vocals for Nightingale’s Alive Again in the studio that would become Fascination Street (its first location) because there was a good room with nice speakers. I had monitored most of the album using headphones and it was hard to get it just right.

Dan Swanö

M: I don’t wont to stir any shit, but your departure from Bloodbath truly surprised me, especially as the official statements were kind of vague. What really happened? And what do you think of the band’s more modern orientation?

Dan: I guess as the band changed from a fun project into something more of a band, I wasn't really the guy for the job, which is true. I am not so big on touring and gigging, and learning lots of complex songs, etc. So they just told me through the internet that my services were no longer needed, and bye bye... I don't really care for their new direction. It's nothing personal, it's just that their “view” on what is good death metal and mine have never been close. I held them back with my old school approach, and they wanted to go faster and more complex. With me out of the picture, they could!

M: As a producer/mixer, are you in touch with labels at some point? For instance, did you experience directives or any form of pressure from a label as to how an album should sound?

Dan: Not really. Thank God! It seems more and more that the band is kind of my employer and the label just pays me from the budget. If they didn't like what they hear, I am sure a few of the labels that I work for wouldn't hesitate one second to interfere and ask me to remix or whatever, but so far so very fucking good (laughs).


“It's messed up being a musician, engineer, producer and human being at the same time. It was always a struggle, which is why all Edge of Sanity albums sound pretty strange (laughs).” (Dan Swanö)

M: Aside from the ones you’ve played in, in which bands did you play the most active role? By that I mean suggesting ideas, influencing decisions, etc.

Dan: There are only a few recordings I have done where I have had some kind “say”. Millencolin started to rely on my good ear for pop around the time we made the first album together. I did an awful lot on the two last Diabolical Masquerade albums. Then there are some bands I helped to pretty much restructure their whole sound to be able to get something that was recordable at all...

M: What was your favorite band to work with?

Dan: All recordings have ups and downs and I cannot say that I liked one in particular. But as far as personal chemistry goes, the recordings I did with Opeth were truly amazing. Also the The Merciless album was incredibly great fun!

M: What are some of the bad memories you have of some of your collaborations? Have there been “nightmare” bands?

Dan: Oh yes. There have been plenty of nightmare scenarios. I am not gonna go crazy here. It's all part of the past now. At the end of the day, I can only think how I would act in the same situation, and I would probably do the same, if the music was truly important for me.

M: What differences do you see between recording your own music and other bands?

Dan: It's messed up being a musician, engineer, producer and human being at the same time. It was always a struggle, which is why all Edge of Sanity albums sound pretty strange (laughs).

M: What can you tell us about your more recent works, such as with Ava Inferi, Omnium Gatherum, Kaoteon, Barren Earth, The Project Hate MCMXCIX or Hail of Bullets?

Dan: I am mixing the second Barren Earth album as we speak. Quite a challenge, but we nailed it in the end! The other albums you mention, except Kaoteon which was a mastering, were all pretty important ones in the bands’ careers, so there was a lot of psychology involved. But in the end, 100% are satisfied in the end, and that is all that matters.

Dan Swanö

M: You are one of the most important protagonists of the Swedish death metal scene. You have played with or fronted several very important bands in this genre, but you’ve also contributed to launch the careers of many important bands. With some distance, what part do you think you’ve played in this great adventure?

Dan: I think my contribution has been pretty OK. Musically, I made sure to add my own taste in more commercial music to the death metal sound, and also the “values” of normal music, like having good song structure, memorable hooks, etc. Studio-wise, I don't think I have made any band’s career go the extra mile thanks to my sound, at least not in the 90's, but I saved them from recording somewhere else where the sound would definitely have been worse, because the engineers in a normal studio didn't know shit about death and black metal back in these days, and some of the stuff I did really didn’t cost much money, so the band could go for a more underground deal and still get a decent sounding album in the shops. The Somberlain cost something like 1,500$ to record and mix (took me a week!).


“I don't think I have made any band’s career go the extra mile thanks to my sound, at least not in the 90's, but I saved them from recording somewhere else where the sound would definitely have been worse, because the engineers in a normal studio didn't know shit about death and black metal back in these days.” (Dan Swanö)

M: You are mainly associated to the Swedish “old school” death metal scene. What do you think of the so-called “Gothenburg metal” scene?

Dan: There are some good moments. Bits and pieces of At the Gates and In Flames are cool. That's about it.

M: If you had to pick your favorite album recorded/mixed for an outside band, which would it be?

Dan: It's hard to pick, really. A few faves are the first and second Barren Earth, Opeth’s Orchid and the Loud As Light album is fantastic indie rock!

M: What other producers/mixers are you fond of?

Dan: Chris Lord-Alge is the master. I also dig stuff from Andy Sneap and Jens Bogren. I also think Randy Staub does good stuff.

M: If you had to summarize a producer/mixer’s job, what would be the most positive things about it?

Dan: In my case, the freedom. I can set my own hours and work whenever I feel like it. That really helps staying positive when stuff gets rough (smiles).

M:And what are the toughest things to deal with?

Dan: Deadlines can be a bitch, but they are not so common these days, thank God. I think the biggest problem I face on a daily basis is over-production. Bands tend to have too much time on their hands to come up with all these overdubs, as if each member was a fucking octopus (smiles). Then it's my job to try making all that energy come out smashing on the other end of a pair of iPod headphones. Not easy at all. I can compare it to a chef that gets the ingredients from a customer who says: “here is chicken, pig, cow, lamb, fish, apples, tomatoes, beans, syrup, anchovy, chocolate, marshmallows, and coca cola. Now cook me something equally tasty as a good steak and potatoes (laughs).

M: Did you ever grow tired of this job?

Dan: The first time around it really got to me and totally killed the spirit in me. But I just couldn't give up. I had to know how to fucking mix an album properly! It's like an obsession. I can go mental when stuff doesn’t sound like I want it to! But so far, in this “second coming”, I haven't felt the need to be a dishwasher just yet (rires).


“The biggest problem I face on a daily basis is over-production. Bands tend to have too much time on their hands to come up with all these overdubs, as if each member was a fucking octopus.” (Dan Swanö)

M: What are your future plans, as an artist as well as a mixer?

Dan: As an artist: finish the Witherscape and Second Sky albums and get a new Nightingale in the works. Mixing-wise: get cracking on the stuff I have lined up and finish the current mixes. Later on I will mix a classic US death/grind band and also new stuff from Asphyx! That is cool shit!

M: Last and traditional Rock 'n Balls question: what would be your all-time albums top-3?

Dan: Tough one. 1) Marillion, Seasons End. Because all the songs are fucking amazing in their own right, and pretty unique sounding too. Even the B sides for the 7" are better than most songs from other bands. 2) FM, Indiscreet. The best A.O.R. album ever made. Such a kick ass record. Not one bad second! 3) Kansas, Leftoverture. The third spot varies from time to time…but this one is a super duper kick ass record. Really classy Pomp rock stuff! The best death metal album ever is Leprosy. Best thrash metal album ever is the first Forbidden album.

M: All right that’s it Dan, thank you very much for taking the time to answer my numerous questions! I wish you lots of luck for the future, I hope we’ll get a lot of great records with your name on it! See you.

Dan: Thanks to you too! See ya.

Dan Swanö
 
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