Partagez cette interview sur Facebook Téléchargez une version PDF de cette interview !
Après la neige, le beau temps
Rock'N'Balls Interview
Read the English version

"Après la neige, le beau temps"

Entretien avec Nick Van Dyk (guitare, claviers, composition)
Interview, traduction et édition par Mastema

 
Si Snowfall on Judgment Day ne nous avait pas convaincus, il n'a guère fallu longtemps aux Américains de Redemption pour nous revenir avec un album particulièrement musclé et inspiré. Véritable parangon du metal progressif « traditionnel », This Mortal Coil est le genre d'opus à mettre tous les amateurs du genre d'accord. Nerveux, riche, équilibré, démonstratif, lyrique…la liste des qualificatifs est longue pour décrire un disque qui fait indiscutablement partie des meilleurs publiés par les Californiens à ce jour. Dans de telles conditions, nous ne nous sommes pas fait prier pour interroger pour la deuxième fois le guitariste/claviériste/leader Nick Van Dyk.

Mastema (Rock 'n Balls) : Bonjour Nick, merci pour cet entretien. Redemption a joué quelques concerts en Europe en octobre dernier, mais reviendrez-vous pour une tournée européenne en bonne et due forme dans quelques mois ?

Nick Van Dyk : Pour être réaliste, je dirais que non. Logistiquement et financièrement, c'est très difficile à mettre sur pied. Nous sommes parvenus à jouer dans sept pays différents quand nous étions chez vous, donc j'espère que ceux qui souhaitaient nous voir y sont parvenus !

M : Comment comparerais-tu la popularité du groupe en Europe et à domicile, aux Etats-Unis ?

Nick : Si je me base sur les chiffres de vente et la taille des concerts, je dirais qu'elle est plus ou moins la même dans ces deux régions du monde, même si je dois avouer que l'Allemagne, en particulier, est un endroit génial où jouer, nos fans allemands ont été fantastiques.

M : Parlons de This Mortal Coil, que j'ai beaucoup apprécié. Avez-vous bossé différemment sur ce disque ?

Nick : Pas spécialement, non. Comme d'habitude, j'ai composé la musique, l'ai envoyée aux autres pour récolter leurs commentaires, puis j'ai enregistré les guitares et claviers, et ensuite on est passés à la batterie, au chant, aux retouches claviers, aux soli de guitare, etc. Il est vrai que cette fois, nous avons fait appel à Neil Kernon [note : producteur, ingé-son et mixeur britannique ayant travaillé notamment avec Cannibal Corpse, Deicide, Judas Priest et Nevermore] plus tôt dans le processus pour qu'il nous donne un coup de main avec les arrangements, mais hormis cela nous avons suivi la même méthode de travail que pour les quatre derniers albums.

M : Je serai parfaitement honnête : j'avais été déçu par votre précédent effort, Snowfall on Judgment Day (2009), que je trouvais trop mou et mal équilibré. This Mortal Coil revient clairement à une approche agressive et moderne. Était-ce un choix délibéré ?

Nick : Pas vraiment. Le son de guitare est devenu de plus en plus agressif au fil des quatre derniers albums, mais c'est quelque chose de très graduel. A mon sens, le son de Snowfall… est nettement plus « mordant » – à défaut d'un terme plus adéquat – que celui de The Origins of Ruin [note : 2007]. Je pense aussi qu'à l'instar de tous nos autres disques, il y a une variété de choses différentes sur Snowfall… On peut difficilement dire qu'un morceau comme « Leviathan Rising » n'est pas agressif (sourire). Cela dit, This Mortal Coil est effectivement notre album le plus agressif.

M : Quand même, ne penses-tu pas que Snowfall on Judgment Day occupe une place à part dans votre discographie ?

Nick : En fait, je pense au contraire qu'il y a une évolution naturelle de The Fullness of Time [note : 2005] à The Origins of Ruin, puis de celui-ci à Snowfall… et ensuite à This Mortal Coil. Nous avons toujours essayé de combiner de gros riffs agressifs à des mélodies et je pense que nous avons repoussé nos limites dans ces deux domaines au gré de nos réalisations. Lorsque j'écoute un titre comme « Noonday Devil » sur le dernier album, je me dis que le metal progressif ne peut être plus rentre-dedans que ça, sauf en adoptant un chant death, ce que je ne nous vois pas faire. Donc, à mes yeux, il y a une évolution logique. Snowfall… a beaucoup de morceaux très différents, allant de titres plus agressifs à des plages plus contemplatives, plus longues et explorant davantage de pistes. J'aime beaucoup ce disque, pour être franc.

Redemption

M : This Mortal Coil est truffé de soli impressionnants, et l'album est d'ailleurs globalement très technique. Était-ce un nouveau défi pour vous ?

Nick : Je voulais en effet vraiment mettre les soli en valeur sur ce disque. Par le passé, ils ne l'avaient pas toujours été comme je le voulais dans le mix. Je me souviens qu'un jour quelqu'un a dit à Bernie [note : Bernie Versailles, guitare] : « vous devez jouer « Parker's Eyes » (de The Fullness of Time), j'aimerais vraiment entendre ce solo ! », et Bernie lui a répondu : « j'aimerais vraiment entendre ce solo, moi aussi ! » (rires). Cette fois, je me suis donc assuré que les soli ressortent vraiment dans le mix. J'ai encouragé Bernie à se surpasser et je pense qu'il a livré les meilleurs soli de Redemption à ce jour.


« Nous avons toujours essayé de combiner de gros riffs agressifs à des mélodies et je pense que nous avons repoussé nos limites dans ces deux domaines au gré de nos réalisations. Lorsque j'écoute un titre comme « Noonday Devil » sur le dernier album, je me dis que le metal progressif ne peut être plus rentre-dedans que ça, sauf en adoptant un chant death, ce que je ne nous vois pas faire. » (Nick Van Dyk)

M : Quelle est ton approche de la production ? Il me semble que tu n'es pas un grand amateur des productions multicouches et synthétiques.

Nick : Je comprends ce que tu veux dire par « synthétique », mais il y par contre beaucoup de couches dans notre musique. Il s'agit d'ailleurs là d'un des défis majeurs lorsqu'on mixe notre musique : plein de choses se passent en même temps. Les guitares rythmiques sont doublées par d'autres pistes de guitare (électrique, acoustique ou d'harmonie) et on enregistre plusieurs pistes pour chacune d'entre elles. Certains morceaux contiennent également des guitares sept cordes et la plupart des guitares sont en accord ouvert. Ajoutons à cela que nous avons un bassiste [note : Sean Andrews] qui joue sur une basse six cordes et qui a un jeu très riche, or les notes aigues de la basse et les notes graves de la guitare peuvent facilement se situer sur les mêmes fréquences, surtout dans le cas de guitares en accord ouvert ou de guitares sept cordes. Ensuite il y a encore la grosse caisse, qui prend elle aussi beaucoup d'espace et dont les fréquences peuvent interférer avec les fréquences graves de la basse. Il y a encore les claviers, dont il peut y avoir de cinq à quinze pistes par morceau, souvent avec deux ou trois textures différentes (cordes, cuivres, orchestrale) en même temps. Et enfin il y a le chant, en une ou plusieurs pistes (le titre « Perfect », par exemple, compte onze pistes de chant différentes). Nous utilisons souvent des vocaux en contrepoint où interagissent plusieurs lignes mélodiques différentes. En considérant tout cela, je pense qu'on peut dire que notre musique est extrêmement multicouches.

M : Où l'album a-t-il été mis en boîte et comment cela s'est-il déroulé ?

Nick : Les guitares et claviers ont été enregistrés dans mon home studio, les guitares ont ensuite été retravaillées et la batterie enregistrée dans un studio de Los Angeles, et les soli ont été enregistrés à Chicago. Le chant et la basse ont également été mis en boîte dans mon studio. Neil a mixé le tout dans son studio à Chicago. Franchement, j'ai pris plaisir à collaborer avec Neil, mais nous avons été victimes de toutes les catastrophes possibles et imaginables ! On a tout eu : des disques durs crashés, une connexion internet déficiente, Pro Tools qui nous lâche à plusieurs reprises, la table de mixage du studio qui part en couille, la foudre qui met le studio K.O. durant plusieurs jours, etc. Ce fut un vrai combat que d'achever ce disque. On en était arrivés au point où Neil et moi nous demandions le matin au réveil : « alors, quelle merde va nous tomber dessus aujourd'hui ? ».

Redemption

M : Etes-vous du genre à laisser de l'espace à l'improvisation et aux nouvelles idées en studio, ou préférez-vous être prêts à 100% et aller droit au but ?

Nick : L'enregistrement de la batterie et de la basse a été assez fluide, et même si Chris [note : Christ Quirarte, batterie] et Sean ont tout bien préparé à l'avance, on tente régulièrement de nouvelles choses. Pour le reste, tout est plus ou moins prêt avant d'entamer les enregistrements. Ce qui ne nous empêche pas de balancer quelques idées au moment du mixage (comme par exemple l'intro chorale de « Perfect », que Neil a proposée lors du mixage).

M : Quel est ton morceau favori sur l'album ?

Nick : Je dirais « Dreams From the Pit ». C'est un morceau très varié, qui brasse des parties très techniques, un riff central plutôt cool, d'excellents soli et, à mon sens, un refrain très accrocheur. Je trouve aussi que les paroles de ce titre sont assez fortes.


« Ce fut un vrai combat que d'achever ce disque. On en était arrivés au point où Neil Kernon et moi nous demandions le matin au réveil : « alors, quelle merde va nous tomber dessus aujourd'hui ? » » (Nick Van Dyk)

M : This Mortal Coil a également été publié dans une version double-CD, qui comprend un disque bonus contenant quelques reprises étonnantes. Comment avez-vous choisi ces artistes et chansons ?

Nick : J'ai toujours adoré ce morceau d'Elton John [note : « Funeral for a Friend/Love Lies Bleeding] et je voulais déjà le reprendre bien avant d'avoir un groupe avec qui le faire ! Dream Theater l'a bien sûr repris vers 1994-1995 [note : en version live sur l'EP A Change of Seasons, 1995], mais je me suis dit qu'après plus de quinze ans, on pouvait se permettre de le reprendre sans être accusés de plagiat. Je pense par ailleurs que notre version est un peu plus agressive que la leur, qui a également été captée en live, donc les deux reprises sont assez différentes. J'ai toujours aimé Toto également, et « Hold the Line » était un choix évident. Ray, quant à lui, rêvait depuis longtemps de reprendre ce titre de Journey [note : « Edge of the Blade »]. Alors que nous étions occupés à bosser sur ces morceaux, Ray a également proposé de s'attaquer à « Jane » [note : reprise de Starship], et je me suis dit qu'il serait cool de le faire de façon vraiment heavy sur une guitare sept cordes. Les deux autres titres [note : « Love to Love » de UFO et « Precious Things » de Tori Amos] ont été mis en boîte lors des sessions The Origins of Ruin mais n'avaient pas été publiés à large échelle. Je pense que cette poignée de morceaux est un petit cadeau assez sympa pour nos fans.

M : Récemment, Jim Matheos (Fates Warning) a exprimé assez clairement que le disque d'Arch/Matheos Sympathetic Resonance était supposé être le nouveau Fates Warning mais que Ray Alder lui a dit être trop occupé sur le prochain Redemption. Est-ce vrai ? Si oui, cela signifie-t-il que les priorités de Ray ont changé ? Je dis cela parce qu'on constate que, depuis 2005, Redemption a publié pas moins de quatre disques avec Ray, tandis que Fates Warning…pas un seul.

Nick : Je n'ai jamais entendu cela auparavant et c'est faux. Je serais très surpris que Ray ait dit quelque chose comme ça. Ils étaient déjà occupés sur l'album d'Arch/Matheos depuis un certain temps avant que Ray ne consacre ne fut-ce que cinq minutes au disque de Redemption. Je fais extrêmement attention à ce qu'on n'interfère jamais avec l'agenda de Fates Warning, quel qu'il soit.

M : Il n'y a plus beaucoup de groupes pratiquant un « metal progressif » au sens traditionnel du terme. Y a-t-il de nouveaux groupes que tu apprécies ?

Nick : Tu sais, aujourd'hui la musique est devenue un tel produit de consommation – il y en a tant, et elle est vendue pour si peu – qu'il est difficile de se distinguer de la masse. Ca fait longtemps qu'un groupe récent ne m'a réellement impressionné. Il existe une TONNE de groupes techniques, mais leur écriture est trop souvent extrêmement banale. J'aime bien sûr le nouveau matériel de groupes comme Symphony X, par exemple, mais ils ne sont guère récents. Le dernier groupe vraiment récent à avoir attiré mon attention est Fair to Midland. Je ne sais pas comment qualifier leur style… du heavy rock alternatif progressif, peut-être ? Ce groupe me rappelle en tout cas Faith No More plus que quiconque.

M : En tant que fan mais également en tant que proche du groupe, qu'as-tu pensé du départ de Mike Portnoy de Dream Theater ? Et as-tu eu l'occasion d'écouter A Dramatic Turn of Events ?

Nick : Comme tout le monde, ça m'a beaucoup surpris. Je connais assez bien ces mecs mais je n'interviens jamais dans leurs relations interpersonnelles ni dans leur politique de groupe. De ce que j'ai vu, je peux te dire qu'ils ont toujours été très professionnels et considèrent ce qu'ils ont comme un business créatif couronné de succès et auquel ils consacrent énormément d'énergie. Je refuse de spéculer quant à leurs motivations ou à la raison pour laquelle les choses se sont déroulées de cette façon. J'espère simplement que les deux partis sont heureux dans ce qu'ils font actuellement. Quant au nouvel album de Dream Theater, je le trouve formidable et Mike Mangini a très bien rempli son rôle qui était pourtant difficile. La dernière fois que je lui ai rendu visite, le groupe avait l'air de prendre beaucoup de plaisir ensemble.


« Aujourd'hui la musique est devenue un tel produit de consommation – il y en a tant, et elle est vendue pour si peu – qu'il est difficile de se distinguer de la masse. Ca fait longtemps qu'un groupe récent ne m'a réellement impressionné. Il existe une TONNE de groupes techniques, mais leur écriture est trop souvent extrêmement banale. » (Nick Van Dyk)

M : Merci beaucoup pour cet entretien, Nick, et félicitations pour l'excellent This Mortal Coil ! Tu peux laisser ici un dernier message à nos lecteurs… Merci encore, et à bientôt.

Nick : Comme toujours, j'aimerais remercier vos lecteurs pour leur intérêt et leur soutien. Merci à toi pour cette occasion de discuter ensemble !

Redemption







Lire la version française

"Sunrise after snowfall"

Conversation with Nick Van Dyk (guitar, keyboard, writing)
Interview and editing by Mastema

 
Though Snowfall on Judgment Day did not convince us, it didn't take long for Redemption to come back with an exceptionally heavy and inspired album. True paragon of "traditional" progressive metal, This Mortal Coil is the kind of record to spark unanimity amongst fans of the genre. Nervous, rich, well balanced, technical, lyrical,... the list of qualities goes on to describe a disc that is undoubtedly one of the best published by the Californian gang so far, which says a lot. Under such conditions, we didn't think twice to decide to have another chat with guitarist/keyboardist/leader Nick Van Dyk.

Mastema (Rock 'n Balls): Hi Nick, thank you for this interview. Redemption has played a few shows in Europe in October, but will you come back for a whole tour in the next few months?

Nick Van Dyk: Realistically, that's not going to happen. It's very difficult logistically and it's very expensive. We managed to get to seven countries while we were there so hopefully those who wanted to see us were able to!

M: How would you compare the band's popularity in the States and in Europe?

Nick: Based both on sales figures and on the turnout for shows, I would say it's probably roughly similar, although I have to say that Germany is a great place for us to play. Our German fans were fantastic.

M: Let's talk about This Mortal Coil, which I enjoyed a lot. Did you work differently on this album?

Nick: Not particularly, no. I generally write the music, send it out to the guys for comments, record the guitars and keys and then we record drums, vocals, finished keys, guitar solos, etc. We did bring in Neil Kernon earlier in the process this time to weigh in on arrangements, but otherwise it's largely the same process that we have employed for the last four records.

M: I have to be honest with you, I was disappointed with Snowfall on Judgment Day (2009), I thought it was too mellow and not well balanced. This Mortal Coil really goes back to an aggressive and modern approach. Was this a conscious choice?

Nick: Not really. The guitar tone we have used has gotten "heavier" over the last four records but I think it's been a gradual thing – I think the tone on Snowfall is considerably crunchier, for lack of a better word, than it was on The Origins of Ruin. And I think like every other record we've done, there's a variety of stuff on Snowfall. It's hard to say a song like "Leviathan Rising" isn't aggressive (smiles). That said, This Mortal Coil is, I think, our heaviest sounding record.

M: In retrospect, would you say Snowfall on Judgment Day has a particular place in your discography, that is stands apart from the other records?

Nick: Actually I think it is a very natural progression from The Fullness of Time to Origins to Snowfall and now to This Mortal Coil. We have always tried to combine heavy, aggressive riffing with melody and I think we have pushed the boundaries farther in each direction with each record. I listen to something like "Noonday Devil" off the new record and I think that it's about as heavy as progressive metal can get, unless you go to death vocals which I don't see us doing. So for me, it all fits in place. Snowfall has a variety of songs, from more aggressive material to more contemplative pieces that are a bit longer and explore a bit more territory. I actually like that record a lot.

Redemption

M: This Mortal Coil also features lots of insane solos, and overall the album is very technical. Was it a new challenge for you guys?

Nick: I definitely wanted to feature the solos on this record. In the past they haven't always been as prominent as I might have liked them to be in the mix. I remember somebody once told Bernie "you have to play Parker's Eyes [from the Fullness record], I really want to hear that solo!" and Bernie said "I really want to hear the solo, too!" (laughs). So on this one, I made sure the solos were prominent in the mix. And I challenged Bernie to really rip it up and I think he delivered the best solos he's played in Redemption.


"We have always tried to combine heavy, aggressive riffing with melody and I think we have pushed the boundaries farther in each direction with each record. I listen to something like "Noonday Devil" off the new record and I think that it's about as heavy as progressive metal can get, unless you go to death vocals which I don't see us doing." (Nick Van Dyk)

M: What's your approach on the sound of the album? It seems to me you aren't too found of multi-layered, synthetic productions.

Nick: I don't know about synthetic, but there are a lot of layers on all of this stuff. Part of the challenge with every one of our mixes is there is a ton of stuff going on. You've got rhythm guitar tracks that usually have a second set of guitars, whether clean electric or acoustic or a melody/harmony thing, with multiple tracks of each. Some tracks involve seven string guitars and many are in drop tuning. Plus we have a six-string bassist that is very busy, and the high end of the bass and low end of the guitars can often step on each other's frequencies if you aren't careful, particularly with drop tuning or a 7-string. Then there's the kick drum, which is also busy and the frequencies it shares with the low-end of the bass can be crowded. Then there are the keyboards, which can vary from maybe five to fifteen tracks per song, often with two or three different textures (strings, brass, deep orchestral stuff) at the same time. Then there are vocals – sometimes a single track, or sometimes many (the song "Perfect", as an example, has eleven separate vocal tracks). We often use counterpoint vocals where there are several distinct melody lines interacting. So I would say this is extremely multi-layered music.

M: Where was the album recorded, and how did the process go?

Nick: The guitars and keys were recorded in my home studio, and the guitars were then re-amped at a studio in Los Angeles and the leads at a studio in Chicago. The vocals were recorded at my home studio, as was the bass. The drums we recorded in Los Angeles. Neil mixed everything at his studio in Chicago. Frankly, I enjoyed working with Neil but we were besieged with every kind of difficulty you could imagine – crashing hard drives, malfunctioning internet connections, Pro Tools systems crashing left and right, weird stuff going on with the board in the studio, lightning taking out the studio for a couple of days, etc. It was a real struggle to get this album finished. It got to the point where Neil and I would wake up and say "well, I wonder what curveball will be thrown at us today?"

Redemption

M: Do you guys leave some room for improvisation or testing new ideas in the studio, or do you rather have everything 100% prepared and going straight to the point?

Nick: The drums and bass are pretty fluid as we record them but although Chris and Sean have it more or less mapped out, we often do try new things. The rest of it is more or less finished before we track. Some ideas can be played with during the mix phase (for example, the choral intro to "Perfect" is something Neil came up with during the mix).

M: What is your favorite track on the album?

Nick: I think it would probably be "Dreams from the Pit". It's a very diverse song, encompassing some very technical parts, a cool primary riff, great solos and, I think, a very catchy chorus. I also think the lyrics are pretty strong.


"It was a real struggle to get this album finished. It got to the point where Neil and I would wake up and say "well, I wonder what curveball will be thrown at us today?" (Nick Van Dyk)

M: This Mortal Coil also comes with a limited 2CD version, with a bonus disk containing some surprising covers. How did you choose what artists and songs to cover?

Nick: I've always loved that Elton John song, and I had wanted to do it long before I had a band to do it with. Dream Theater, of course, did a version around 1994 or 1995 so I figured after fifteen years or so we could do a version without being accused of copying them – and I think our version is a little more aggressive, and of course theirs was done live, so both covers are different enough. I've always loved Toto, so "Hold the Line" was an easy choice. Ray had always wanted to do that Journey song. Then as we were working through these songs, Ray came up with the idea to do "Jane", and I thought it would be cool if we did it really heavy on a 7-string. The other two songs are ones we recorded for the Origins sessions but which were not broadly released. So altogether I think it's a pretty cool package for our fans.

M: It was recently made clear by Jim Matheos that the Arch/Matheos record Sympathetic Resonance contained music originally meant for the next Fates Warning record, but Ray Alder allegedly couldn't record the album because he was busy on the new Redemption CD. Is this true? If so, does it mean that Ray's priorities have changed? (since 2005, Redemption has released four records with Ray, and Fates Warning…none)

Nick: I've not heard this before, and it's not true. I would be very surprised if Ray said anything like this. The Arch/Matheos CD was well underway before Ray spent five minutes of his time on Redemption. I'm extremely careful to make sure we don't interfere whatsoever with what Fates Warning has going on.

M: There aren't many good bands left that play true "progressive metal". Are there new bands out there you're fond of?

Nick: You know, music has become such a commodity these days – there is so much of it, sold for so little – that it's hard to separate oneself. It's been a while since somebody completely new really impressed me. There is a TON of technique out there but so much of the songwriting doesn't do much to stand out. Of course, I love the new material from bands like Symphony X, for example, but that band is hardly new. The last really new band to make me take notice was Fair to Midland. I'm not sure what you'd call them…progressive heavy alternative rock, maybe? They remind me more of Faith No More than anybody else.

M: As a fan but also as someone close to the band, what did you think when you heard Mike Portnoy was leaving Dream Theater? Have you listened to A Dramatic Turn of Events?

Nick: I suppose I was as surprised as anybody. I know those guys reasonably well but I don't ask about their interpersonal dynamics or band politics. From what I saw of them, they were always very professional and treated what they had like a successful creative business and they devoted a large portion of their energies to it. I don't want to speculate beyond that on motivations or why things happened the way they did. I just hope both parties are happy doing what they are doing now. I will say that I think the new Dream Theater record is outstanding and Mike Mangini has done a very good job of stepping into a very tough role, and the band seemed to be greatly enjoying themselves when I visited with them last.


"Music has become such a commodity these days – there is so much of it, sold for so little – that it's hard to separate oneself. It's been a while since somebody completely new really impressed me. There is a TON of technique out there but so much of the songwriting doesn't do much to stand out." (Nick Van Dyk)

M: All right, thanks a lot for the interview Nick, and congratulations with the great This Mortal Coil! You can leave a last message to our readers right here… Thanks again, and take care.

Nick: As always, I'd like to thank your readers for their interest and support, and thanks for the opportunity to chat with you!

Redemption



Interviewé par : MASTEMA