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Une belle bande de damnés !
Rock'N'Balls Interview

"Une belle bande de damnés !"

Entretien avec Olivier Dris (guitare)
Interview, traduction et édition par Sponge

 
Si vous suivez un minimum l'actualité du metal en Belgique, il est bien évidemment impossible que vous n'ayez jamais entendu ne serait-ce que parler de Resistance ! Ces dernières années, le groupe originaire de la région montoise a multiplié les tournées partout en Europe et a publié deux albums que l'on pourrait maintenant qualifié de références dans le milieu du metal à la sauce belge, même si les influences y sont très diverses. Injustement étiquetté de « deathcore » pour beaucoup de gens, Resistance a décidé de faire mentir ses détracteurs en leur offrant, début 2012, une nouvelle plaque où toute trace de ce style a quasiment disparu pour laisser la place à des ambiances et riffs plus death/black, même si le son et la personnalité du groupe restent clairement encrés dans leurs nouvelles compositions. Olivier Dris, guitariste et également propriétaire du label Ultimhate Records, a répondu à nos questions concernant ce nouveau disque que nous avons écouté très attentivement.

Sponge (Rock'N'Balls): Tout d'abord, comment se porte Resistance en ce moment ? Vous êtes impatients de sortir ce nouvel album en janvier 2012, j'imagine ?

Olivier Dris: Oui bien sûr, nous sommes impatients. On est en train de préparer la promotion de l'album. Nous avons fini de tourner le premier clip vidéo pour le morceau « Hordes of The Damned » et nous travaillons sur les plans tours de 2012 et 2013 ainsi que sur la promotion avec notre agence de presse.

S: Le groupe existe depuis juillet 2004, ça fait donc 7 ans que vous composez de la musique et que vous parcourez les routes, et un quatrième album va déjà voir le jour. On peut dire que c'est un bon rythme, pour un groupe belge ! Comment expliques-tu que vous soyez aussi efficaces et productifs par rapport aux centaines d'autres groupes de metal dans notre pays ?

Olivier: Depuis 2004, nous nous sommes investis à 300% dans Resistance, chacun à sa manière. On ne s'est jamais posé de questions, nous composons sans arrêt et essayons de proposer des shows de qualité dans toute l'Europe. Nous avons brisé certaines barrières, osé se présenter aux plus grands et nous récoltons les résultats maintenant. Il est clair que l'opportunité reçue par les amis de Kataklysm de partir sur une grosse tournée européenne nous a ouvert beaucoup de portes et maintenant nous avons une agence de presse ainsi que une agence de booking professionnelle. Nous recevons des offres pour tourner en Australie, au Japon ainsi qu'au Canada. Je pense que l'audace est le maître mot pour notre évolution. Egalement ne pas se soucier des critiques et de la jalousie, qui est hélas bien présente dans notre pays.

S: Ce nouvel album à paraître s'intitule donc To Judge And Enslave et sortira dans les bacs le 27 janvier 2012 ! Comment est né le titre de cet album, et que signifie-t-il pour vous ?

Olivier: J'avais cette phrase en tête depuis la sortie de Lords of Torment, et pour moi c'était une suite logique, genre « les seigneurs du tourment vous jugeront et vous enverront à l'esclavage »… je trouve que ce titre a un impact fort. Sur cet album, nous ressortons toutes nos idées noires et ce titre est vraiment là pour expliquer cet ensemble.

S: Que représente la pochette de ce nouveau disque, et avec qui avez-vous travaillé pour sa conception ? Aviez-vous déjà des idées en tête, ou avez-vous laissé cette personne vous proposer une solution complète ?

Olivier: Pour cet album, nous avons décidé de travailler avec une personne qui connait l'aspect obscur et les ténèbres. C'est Olve, leguitariste de Enthroned et Emptiness) qui s'est chargé de tout l'artwork. Nous lui avons donné le titre de l'album et nous lui avons donné carte blanche. Nous avions juste en tête d'avoir un élément central sur la cover, mais rien de plus. Il est revenu vers nous avec cette statue de la justice assombrie par le côté obscur, rendant cette pochette malsaine et remarquable. L'artwork du booklet l'est tout autant. Je recommande Olve à tout le monde. Evidemment, certains penseront au ...And Justice For All de Metallica, mais bon... être comparé à Metallica pour quoi que ce soit me convient parfaitement.

S: Ce disque a apparemment été totalement produit par Xavier Carion (ex-Channel Zero, Master of Waha), alors qu'il était prévu au départ que Tue Madsen (Antfarm Studio, Danemark) s'occupe du mixage et du mastering. Qu'est-ce qui vous a fait changé d'avis ?

Resistance

Olivier: Il est vrai que d'habitude, nous enregistrons nos albums chez Xavier Carion et qu'ensuite le mix/master se fait ailleurs. Nous avions pensé à Tue Madsen et également à Dan Swanö pour cet album. Ces deux derniers avaient répondu favorablement à la collaboration. Une fois l'enregistrement terminé, Xavier nous a demandé si il pouvait faire un test mix car il sentait bien l'album et savait exactement où nous voulions aller. Le résultat nous a complètement bluffé et nous avons décidé de bosser ensemble sur la totalité. Le résultat est à 100% ce que nous avions pensé. Ce mix/master nous a permis également de prendre notre temps sur chaque passage de morceaux et d'échanger nos idées longuement. Ce qui donne au final un album compact mais avec des morceaux diversifiés et qui ont chacun leur propre atmosphère.


« Nous avons brisé certaines barrières, osé se présenter aux plus grands et nous récoltons les résultats maintenant. Je pense que l'audace est le maître mot pour notre évolution. Egalement ne pas se soucier des critiques et de la jalousie, qui est hélas bien présente dans notre pays. » (Olivier Dris)

S: Et comment avez-vous vécu cette nouvelle collaboration avec Xavier ? Etait-ce une production facile, ou avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

Olivier: Être au Jonathas Studio, c'est un peu comme être à la maison. On connait bien ce studio et on s'y sent très à l'aise pour enregistrer. Xavier est également considéré comme le sixième membre de Resistance de part son implication dans les productions et en nous conseillant également. Nous avons pris notre temps pour finaliser chaque élément de cet album et cela s'est fait de manière décontractée. C'est toujours une partie de plaisir que d'être en studio avec le Xav (rires).

S: Même si on retrouve le son très personnel de Resistance sur ce nouvel album, on découvre un style plus death metal pur et moins deathcore qu'auparavant, les compos sont plus plus directes, plus rapides, les riffs sont moins lourds en général. Pourquoi avoir pris cette nouvelle direction musicale après Lords of Torment qui était pourtant un peu bijou de deathcore à la sauce belge ?

Olivier: La tournée avec Kataklysm a été une révélation pour nous car depuis bien longtemps nous somme fans et désireux de créer des morceaux plus atmosphériques et extrêmes, parfois dans la lignée black/death metal, et sur ce tour nous avons également ouvert pour Belphegor. A chaque fois que nous descendions de scène, nous avons remarqué que ce sont les fans de black/death qui venaient nous voir. Nous avons donc décidé d'arrêter de vouloir rester dans un certain style, d'ouvrir toutes nos influences à Resistance. Nous sommes tous fans de Misery Index, Belphegor, Kataklysm,... Nous avons donc mixé tous ces éléments pour en sortir un album de death/black avec des influences thrash et grind… bref la face complète de Resistance. Pour Lords of Torment... les choses étaient différentes, nous l'avons composé rapidement Jonas et moi-même. Pour To Judge And Enslave, Jonas, Shaun et moi avons créé les morceaux et ensuite c'est le travail du groupe complet qui a donné naissance à l'album. Aussi, nous ne nous sommes jamais considérés comme un groupe de deathcore, on nous a collé cette étiquette. Comme je le dis souvent, nous cataloguer deathcore car nous jouons de la musique lourde est bateau car alors Bolt Thrower a créé le deathcore il y a bien longtemps.

S: Il semble que vous ayez fait appel à une personne extérieure au groupe pour écrire les textes de ces 10 nouveaux morceaux ! Qui a été cette personne, pourquoi l'avoir choisi elle et pas une autre, et pourquoi justement ne pas avoir écrit vos textes vous-même, cette fois-ci ?

Olivier: J'étais en manque d'inspiration cette fois. Shaun a décidé de s'investir dans quelques lyrics, mais nous voulions un regard extérieur par rapport aux titres et thèmes de chaque morceau. Shaun a directement pensé à Miqe de In-Quest pour les paroles. En effet, ses textes dans son groupe sont remarquables et nous étions sûrs qu'il écrirait comme nous l'avions pensé. Nous avons discuté des thèmes des morceaux et ensuite il s'est mis au travail. Le résultat est plus qu'intéressant.

S: Vous venez de vivre un changement de guitariste avec le départ de Richard et l'arrivée de Shaun (Van Caster, Age of Torment). Pensais-tu que ce genre de changement pourrait arriver aujourd'hui dans Resistance, et comment vivez-vous ce changement ? Penses-tu que ça ait apporté quelque chose de bénéfique au groupe et à sa musique ?

Resistance

Olivier: Richard a décidé de quitter le groupe car sa vie privée/professionnelle et le temps à passer en tournée avec le groupe n'étaient plus compatibles. C'est une décision saine qui a été prise. Mais il sera de retour en janvier 2012 également avec Drakkar, son ancien groupe réformé. On n'est jamais à l'abri de rien dans le monde musical, mais après toutes ces tournées on se sent très bien dans le groupe. L'intégration de Shaun s'est faite naturellement. Il nous apporte un regard différent sur la musique et également son chant nous permet de nous diversifier encore plus.


« La tournée avec Kataklysm a été une révélation pour nous car depuis bien longtemps nous somme fans et désireux de créer des morceaux plus atmosphériques et extrêmes, parfois dans la lignée black/death metal. » (Olivier Dris)

S: Selon moi, chaque musicien de Resistance apporte sa touche personnelle à votre musique, et c'est ce qui fait de ce groupe une formation tout à fait à part des autres. Mais il faut bien avouer que le talent de votre batteur, Jonas Sanders, y est pour beaucoup dans la rythmique chirurgicale de Resistance ! Alors qu'il vient de rejoindre officiellement les rangs des américains de Pro-Pain (si si !!), ne craignez-vous pas qu'il puisse un jour être obligé de laisser Resistance pour se consacrer à d'autres projets plus importants ?

Olivier: Il est clair que Jonas a apporté la structure manquante à Resistance depuis le début. Mais chacun apporte sa contribution. Bien sûr, il joue maintenant dans Pro-pain, on ne peut pas lui en vouloir, car tout musicien veut toujours aller plus haut. Mais je ne me fais pas de soucis pour Resistance car il s'investit à 200% dans le groupe et ce nouvel album, il le considère comme son bébé autant que chaque autre membre du groupe.

S: Votre album précédent était sorti chez GSR Music, il s'agissait déjà à l'époque d'un changement de label après être passés chez Alveran Records, pour Two Sides of a Modern World, et ce nouvel album va paraître à nouveau sur un label différent ! Pourquoi avez-vous tant de mal à vous fixer dans une famille précise ? Est-ce une question de business, ou plutôt de feeling ?

Olivier: Eh oui, à chaque album son nouveau label. Le fait est que si tu regarde bien le site de GSR Music, tout ce qui touche au metal n'y est plus (rires). Nous sommes reconnaissants du travail fait par Theo, Rob et GSR Music, mais nous avons trouvé quelque chose qui nous permettra sans aucun doute de passer à l'échelon supérieur. Nous avons hâte d'avoir cet album dans les bacs et le présenter en live à toute l'Europe.

S: Resistance est très très actif au niveau des tournées, vous avez déjà parcouru les routes avec des groupes comme Sepultura, All Shall Perish, Pro-Pain, Death Angel, Kataklysm, et bientôt Vader pour la promotion du nouvel album ! Comment faites-vous pour tourner autant ? Est-ce qu'il s'agit de besoin vénal, ou plutôt d'une envie de faire le plus de dates possible ?

Olivier: Nous pensons que la meilleure exposition d'un groupe reste les concerts. Internet c'est très bien, mais c'est sur scène que tu découvres la véritable valeur d'un groupe. C'est pourquoi nous investissons tout notre temps à tourner. Entre deux et trois tournées par an depuis 2010. En 2012, nous commencerons une tournée dans les pays de l'est de l'Europe incluant 13 dates avec Vader en Pologne, et ensuite nous serons présents sur les festivals tels que Motocultor et Chaulnes Metal Fest. Nous devrions supporter Immolation sur quelques shows et ensuite repartir sur une grosse tournée d'Europe entière vers octobre 2012. Nous nous consacrerons au reste du monde en 2013.

S: Cette nouvelle tournée avec Vader en 2012 vous emmènera en Pologne pour treize dates successives. Qu'attendez-vous de ces concerts ? Savez-vous déjà comment se comportera le public et quelles seront ses réactions ?

Olivier: Tourner avec Vader est un réel plaisir et en plus être direct support sur une tournée se déroulant dans leur propre pays l'est encore plus. Nos précédentes prestations en support de Pro-Pain et Death Angel nous ont laissé un très bon souvenir. Egalement notre agence de booking et presse Massive Music est en train d'abattre un travail de promotion considérable afin que nous arrivions sur ce Blitzkrieg Tour dans les meilleures conditions.

S: Ces dernières années, Resistance a tournée essentiellement dans les pays d'Europe de l'Est. Que trouvez-vous de plus dans ces contrées que vous ne trouvez peut-être pas chez nous ? La mentalité du public est-elle différente ? Les organisations aussi, peut-être ?

Olivier: Tout a commencé avec notre premier show en République Tchèque avec Kataklysm. Nous étions cinquième groupe et donc ouverture du tour et à 19h30, 1000 personnes nous attendaient en gueulant comme des fous. Nous sommes ensuite retournés là-bas plusieurs fois, ainsi qu'en Pologne, Slovénie, Croatie, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie et à chaque fois c'était la même réaction. Le fait est que le niveau de vie est différent là-bas et donc quand quelqu'un achète son ticket, c'est pour voir tous les groupes et s'éclater et découvrir de nouveaux groupes sans cesse. A la différence du public occidental qui ne se déplace plus que pour la tête d'affiche et qui est blasé car trop de concerts.

S: Quelles sont vos meilleurs souvenirs sur les routes ces dernières années ? Vous devez avoir des anecdotes croustillantes à nous raconter avec toutes ces tournées !

Olivier: Oh ca oui, il y en a des centaines, on se remémore souvent notre tout premier tour en van avec All Shall Perish, car c'était le premier. Egalement le Kataklysm qui était le premier en tourbus. Le Misery Index tour en juillet dernier nous laisse également d'excellents souvenirs et de l'amitié créée. Si tu veux un élément croustillant, je vais me ridiculiser : imagine-moi en train de vomir mes tripes, bourré, à poil juste en chaussettes en plein milieu d'une grand place en Pologne avec du people te regardant bizarrement en passant devant toi. (rires)

Resistance

« Nous pensons que la meilleure exposition d'un groupe reste les concerts. Internet c'est très bien, mais c'est sur scène que tu découvres la véritable valeur d'un groupe. C'est pourquoi nous investissons tout notre temps à tourner. » (Olivier Dris)

S: Le 21 janvier 2012, vous fêterez la sortie de To Judge And Enslave au United In Metal Festival qui se déroulera à Mons, que tu organises toi-même ! Peux-tu nous expliquer quel est le concept de ce festival, et pourquoi l'avoir monté par tes propres moyens ?

Olivier: Nous profitons en fait de la release de l'album de Resistance et la reformation de Drakkar pour créer un évènement particulier. En effet, Richard et moi-même via Ultimhate Records voulions créer un festival où des groupes belges de toutes les régions pourraient jouer et montrer que l'on s'en fout de la politique et que dans le metal on ne fait qu'un. C'est comme cela que nous avons Ethernity de Liège, Crimson Falls de la région anversoise, Omerta de Flandre occidentale, Powerstroke de Flandre orientale, The Link du namurois et Bruxelles,… différents styles de metal pour l'unité. Cela se déroulera au On Air Studio à Mons dàs 12h00 le 21 janvier 2012. 5€ d'entrée pour 14 groupes !

S: Question rituelle sur Rock'N'Balls : quel serait ton Top 3 des meilleurs albums de metal de tous les temps, et pourquoi ?

Olivier: Laisse-moi modifier ta question et répondre par plus. Pour le Top 3 de tous les temps, je dirais Burn My Eyes de Machine Head, City de Strapping Young Lad, et Gateways To Annihilation de Morbid angel. A un moment de ma vie, ces albums m'ont fait évoluer dans ma vision des choses. Pour cette année 2011, je dirais Lock Up, SepticFlesh et Fleshgod Apocalypse. Et pour ma plus belle claque 2011 : The Devil's Blood !

S: Eh bien merci, Oli, pour cette interview ! As-tu un dernier mot pour les fans de Resistance et pour nos lecteurs ici en Belgique et partout ailleurs ?

Olivier: Si vous êtes désireux de découvrir cet album en avant-première, je vous invite le 12 janvier 2012 au Rock Classic à Bruxelles dès 20h00 afin de découvrir To Judge And Enslave lors d'une pré-écoute. Le clip vidéo sera également présenté !




Interviewé par : SPONGE